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Mise à jour économique

Québec reporte le déficit zéro en 2015-2016

Pas de hausse de taxes ni d'impôts mais des coupes de 1,4 milliard $ d'ici deux ans

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L'atteinte du déficit zéro, jugée «non négociable» pour 2013-2014 par le gouvernement Marois depuis son arrivée au pouvoir, sera finalement repoussée de deux ans.

Dans sa mise à jour économique, le ministre des Finances Nicolas Marceau a annoncé, jeudi, un déficit de 2,5 milliards $ cette année et un déficit de 1,75 milliard en 2014-2015. L’équilibre budgétaire «sera atteint en 2015-2016», a-t-il assuré.

Confronté à la chute des revenus, Québec a préféré reporter son objectif au lieu d’imposer des compressions massives à court terme ou d’augmenter les taxes et les impôts. Un scénario totalement exclu.

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, «déçu», s’est donc résigné à écrire son prochain budget à l’encre rouge et a confirmé ce que tout le monde savait. Avec un déficit de 2,3 milliards $, après seulement 4 mois, il était devenu évident que la tendance ne pouvait être renversée.

En août dernier, le président du Conseil du trésor Stéphane Bédard avait pourtant été catégorique. «On va atteindre l’équilibre budgétaire, il n’y a aucun doute», avait-il déclaré.

La première ministre Pauline Marois s’est défendue d’avoir renié sa promesse. «Nous avons respecté strictement nos engagements là où nous avions du pouvoir pour intervenir», a-t-elle affirmé.

Baisse de la consommation

Québec justifie ses déboires par la «très faible» inflation. La taxe de vente du Québec (TVQ) a notamment rapporté 942 M$ de moins que les prévisions dans la dernière année. Les Québécois dépensent moins et épargnent «plus que prévu». On invoque aussi le resserrement des règles hypothécaires imposé par le fédéral qui a entraîné une chute des mises en chantier «plus importante qu’ailleurs au Canada».

On anticipe un manque à gagner de 2,47 milliards $ en 2013-2014. Les revenus tirés de l’impôt des particuliers sont revus à la baisse de 885 M $, ceux des sociétés de 741 M$. Les revenus combinés de Loto-Québec et de la Société des alcools diminueront de 144 M$. Quant aux droits miniers, la récolte sera moins élevée de 115 M$ en raison de la diminution de 20% des prix des métaux.

Contrôle des dépenses ?

Le PQ maintient qu’il «contrôle les dépenses». Or, la croissance des dépenses de programmes a été revue à 2,5% alors que la cible était à 1,9% en mars dernier.

La croissance des dépenses consolidées a été établie à 3,3%. Dans les deux cas, on souhaite la ramener à 2%. Québec devra trouver une somme de 400 M$ (récurrente) l’an prochain pour y parvenir, et 600 M$ de plus en 2015-2016 pour un cumul de 1,4 G $.

L'objectif de ramener la dette brute à 45% du PIB d’ici 2025-2026 est maintenu. Pour compenser, 425 millions $ de plus, par an, seront versés au Fonds des générations à partir de 2016-2017. La somme proviendra de la taxe sur les boissons alcooliques. La croissance économique, en 2013, a été revue à 0,9% contre 1,6% au Canada.

Les récentes évaluations actuarielles des régimes de retraite des secteurs public et parapublic imposeront aussi une «pression additionnelle de 400 millions $ sur les dépenses et de 100 millions $ sur le service de la dette».

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