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En guerre contre la SAQ

Des détaillants québécois lancent leur « réseau parallèle » de vente de vins

deux Gaulois
photo Chantal Poirier Les «succursales» de Vins et Cie comme celle-ci à la Boucherie Aux Deux Gaulois, de la rue Masson, dans Rosemont, à Montréal, sont toutes dotées d’un présentoir avec une tablette électronique qui permet aux consommateurs d’obtenir plus d’information sur les vins (origine, appellation, millésime, cépages, etc.) puisque la plupart de ces informations ne peuvent pas être inscrites sur l’étiquette de la bouteille.

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Disant ouvertement vouloir «faire la guerre à la SAQ», près de 150 détail­lants privés lanceront d’ici quelques jours un réseau de distribution de vins et promettent d’offrir des vins de meilleure qualité que ce qu’on trouve habituellement dans les épiceries et les dépanneurs.

Disant ouvertement vouloir «faire la guerre à la SAQ», près de 150 détail­lants privés lanceront d’ici quelques jours un réseau de distribution de vins et promettent d’offrir des vins de meilleure qualité que ce qu’on trouve habituellement dans les épiceries et les dépanneurs.

Selon ce que le Journal a appris, ces détaillants, situés un peu partout au Québec, se regrouperont sous la franchise «Vins et Cie». Ils aménageront dans leurs locaux des espaces vins qui emprunteront carrément le vocabulaire marketing de la société d’État en différenciant leurs différents comptoirs en succursales «Express», «Classique» ou «Sélection», selon le nombre de produits offer­ts et selon leurs heures d’ouverture.

L’idée de créer un réseau «parallèle à la SAQ» est venue d’un entrepreneur du Saguenay, Jacques Falardeau, lui-même propriétaire d’un dépanneur et président d’un regroupement de 65 dépanneurs sous la bannière Super Sagamie.

«La SAQ nous a toujours laissés avec les vins cheap, économiques au niveau du prix. La SAQ contrôle beaucoup ce qu’on vend dans nos commerces et c’est un peu tannant. Elle nous laisse une part de gâteau un peu minable et c’est elle qui décide de tout. Avec ce concept-là, on va avoir accès à des vins plus haut de gamme, jusqu’à 40 $ la bouteille, que nous choisissons nous-mêmes. On arrive avec un concept différent. Ça va brasser la cage. Écoutez, le monopole de la SAQ, à un moment donné, il faut essayer de trouver d’autres avenues pour de sortir de ça», explique M. Falardeau.

Les vins de ce nouveau réseau seront choisis par un comité de sélection composé de détaillants, importés en vrac et embouteillés au Québec par l’entreprise Julia Wine, qui sera aussi propriétaire de la franchise «Vins et Cie» (voir autre article). Julia Wine vend déjà des vins dans les magasins Costco et dans les Couche-Tard de l’Est du Québec.

Une « privatisation indirecte »

Le PDG de Julia Wine, Alain Lord-Mounir, connu pour ses nombreux bras de fer avec la SAQ, soutient que son objectif est ni plus ni moins de «privatiser indirectement le système».

«Notre but, c’est vraiment de faire la guerre à la SAQ et à l’épidémie de mauvais vins qu’on a dans les dépanneurs. Ça va être un peu comme en Alberta. Il y a des cavistes privés qui font la sélection des vins et l’importation se fait par la suite. Ce sera la même chose pour nous, sauf que les vins seront embouteillés ici», dit-il en soutenant vouloir atteindre 500 points de vente d’ici Noël 2014.

À la SAQ, la porte-parole Linda Bouchard soutient que la société d’État n’est pas en guerre avec Julia Wine ni avec les détaillants privés. «Ils veulent susciter de l’intérêt, faire comme s’il y avait une grande révolution, alors que dans les faits, tout ça est conforme. Leur approche est très provocatrice. Ils ajoutent de l’offre client dans un réseau qui est complémentaire au nôtre. Si le client peut être satisfait, on travaille dans le même sens.»


Julia Wine a fait parler d’elle, cet automne, lorsque Couche-Tard a annoncé qu’elle commençait à vendre six de ses vins dans 180 dépanneurs de l’Est du Québec. Certaines cuvées se vendent jusqu’à 70 $ la bouteille.

 

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