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Tout le monde en parle

Gilles Parent

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Je n’étais pas à l’écoute de Tout le monde en parle quand le déjà trop célèbre blogueur, Gab Roy, y est allé l’autre dimanche. J’ai, par contre, réécouté son passage et lu sur celui par qui arrive le scandale de la semaine.

Je n’étais pas à l’écoute de Tout le monde en parle quand le déjà trop célèbre blogueur, Gab Roy, y est allé l’autre dimanche. J’ai, par contre, réécouté son passage et lu sur celui par qui arrive le scandale de la semaine.

Au risque de vous étonner, je pense que TLMEP a bien fait de l’inviter sur le plateau. Je suis de ceux qui dénoncent la mollesse et la complaisance de l’émission de Guy A. Lepage. C’est tout à fait son mandat de brasser les idées, quitte à nous confronter avec celles qui nous déplaisent. Mais on ne peut tout de même pas dire que TLMEP a fait la promotion de Roy, pas plus que ceux qui ont traité du passage à l’émission.

Si quelqu’un doit porter le chapeau du déclencheur dans le dossier Roy, c’est à mes yeux, le journal Voir. C’est lui qui a invité le blogueur à sévir sur un site de blogue internet appelé gentiment: trouble.voir.ca. Avec un titre tel, Voir a semé le trouble. Et doit récolter les dommages, d’autant que c’est sur ce blogue que Roy a vomi sur Mariloup Wolfe et madame Gaston. Voir est le média qui a mis en place la plateforme pour faire connaître Gab Roy. Sans ce tremplin, Roy reste un blogueur de sous-sol.

Controverse

TLMEP m’a permis de connaître l’individu et ce qui le rend si populaire − plus de 100 000 visiteurs ce dernier mois sur son site internet − et de mesurer l’impact de la controverse − TLMEP a fracassé des records de cote d’écoute de 1,8 million en annonçant à l’avance sa présence sur le plateau de la SRC.

Cependant, en mettant mon nez dans l’œuvre du blogueur − oh sacrilège − j’ai rapidement déchanté et constaté qu’il ne mérite certainement pas la tribune publique. Ses écrits sont faibles, volontairement provocateurs, mais aussi parfaitement inutiles. Je ne militerai peut-être pas pour qu’on l’expatrie, mais, par ailleurs, il avait le droit de réfléchir avant de publier ses âneries.

Ce n’est pas parce qu’on parle qu’on a quelque chose à dire. Et ce n’est pas parce qu’on écrit, qu’on devient journaliste.

Il y a certes toujours eu du commérage, des ragots et de la médisance dans notre société. Aujourd’hui cependant, ceux et celles qui s’expriment sur les blogues le font sans retenue, sans contraintes et souvent sans compétences. Exit la rigueur, les faits, l’éthique, le respect du lecteur et l’intérêt public. Et si l’on fait des victimes au passage, une petite excuse et on recommence!

Journalistes en herbe

Médias sociaux, blogues et médias participatifs, à présent, tout le monde peut s’improviser journaliste. Ainsi, on voit prospérer sur la toile des médias citoyens, où blogueurs et internautes deviennent créateurs d’information.

Grâce aux nouveaux outils numériques, les individus ont compris qu’ils pouvaient réagir et prendre part à l’information. Un phénomène irréversible qui a ses bons côtés.

Mais j’ose espérer qu’il restera au moins une petite place pour les journalistes de métier qui prennent le temps de filtrer l’information et vérifier les données étant ainsi garants d’une information de qualité.

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