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Fatima Houda-Pepin

Contre les droits octroyés par le voile

Fatima Houda-Pepin
© Les archives Stevens LeBlanc Il y a quelques semaines, Fatima Houda-Pepin s’était inscrite en faux avec un collègue sur la question de candidates libérales éventuelles qui pourraient porter le tchador. Elle s’était ensuite ralliée au parti, en échange d’une étude de la question au caucus.

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Le voile ne doit pas donner de droits supplémentaires aux femmes qui le portent, estime la libérale Fatima Houda-Pepin.

La seule députée de confession musulmane de l’Assemblée nationale ne croit pas qu’on doive remettre en question la liberté des femmes qui choisissent de porter le foulard, comme veut le faire le gouvernement Marois avec sa charte des valeurs.

Le hidjab, qui couvre uniquement les cheveux, est une «tenue vestimentaire traditionnelle, dit-elle, dans une rare entrevue accordée au Journal. Le voile n’est pas un symbole religieux!».

Fatima Houda-Pepin admet candidement ne jamais avoir porté ce bout de tissu. «J’ai été à l’école publique au Maroc, primaire, secondaire et à l’Université. Je n’ai jamais vu un foulard, ni parmi mes camarades de classe ni parmi mes enseignants.»

Instrumentalisation

Ce sont les intégristes qui ont instrumentalisé le foulard pour en faire un symbole religieux, insiste-t-elle avec verve. En «réduisant l’islam à ce fichu», on donne au voile un statut religieux qui lui confère des droits, c’est ce qui choque la libérale.

Mme Houda-Pepin n’est pas très ouverte aux accommodements religieux, par exemple lorsque des gens veulent choisir le sexe du médecin consulté pour des raisons religieuses. «Foutaise! Ici, au Québec, les hommes et les femmes sont égaux et la personne qu’on a mise à votre disposition, c’est la meilleure personne pour vous servir, that’s it!» s’enflamme-t-elle.

Avec ses collègues libéraux, elle travaille sur un projet de loi qui interdirait le port de signes religieux aux policiers et gardiens de prison et amène des pistes de solution pour lutter contre l’intégrisme.

Mme Houda-Pepin est moins loquace quant vient le temps de parler de l’évolution de la position de son parti sur les signes religieux ostentatoires. «Un parti, c’est une grande famille. Je suis loyale à mon parti, loyale à mon chef, j’ai une divergence d’opinion, mais dans un parti, on devrait être en mesure de discuter des différents points de vue», fait valoir celle qui a osé sortir du rang libéral.

Tenues « dégradantes »

Celle qui a forcé Philippe Couillard à répudier le tchador chez les candidates libérales ne cache pas son aversion pour les variantes du foulard qui cachent tout le corps des femmes.

Niqab, burqa, tchador sont des tenues «dégradantes pour les femmes» qu’il faut «rejeter catégoriquement», lance la députée Houda-Pepin. Cette position tranche avec celle de son chef, qui ne voit pas de problème à ce que des fonctionnaires portent le tchador, ce long voile noir qui recouvre le corps et la tête, laissant uniquement entrevoir le visage.

 

 

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