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Québec branchée à Rome

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Quelle autre ville dans le monde que Québec a le pape pour faire sa promotion touristique? Il y a du Mgr Ouellet là-dessous.

Quelle autre ville dans le monde que Québec a le pape pour faire sa promotion touristique? Il y a du Mgr Ouellet là-dessous.

Au cœur du débat sur une charte de la laïcité, même le ministre de la Culture, Maka Kotto, mise sur la porte sainte de la basilique Notre-Dame de Québec pour accroître le tourisme religieux et soutenir l’activité économique locale. Un peu ironique, non?

La septième porte sainte à travers le monde, la seule à l’extérieur de l’Europe, a été offerte par le Vatican à l’occasion du 350e anniversaire de la plus vieille paroisse en Amérique du Nord. Cet anniversaire témoigne que la religion catholique est l’une des composantes de notre identité québécoise et de notre culture comme peuple.

Circuit touristique

Le tourisme religieux constitue un volet significatif de cette industrie. Celui-ci échappait toutefois à la ville de Québec.

L’oratoire Saint-Joseph, très identifié au frère André, élevé au rang de saint en 2010, reçoit deux millions de visiteurs chaque année, provenant de tous les coins du monde.

Le sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré est pour sa part visité par 1,5 million de personnes par année. Le plus fort achalandage est observé autour du 26 juillet, date de la fête de Sainte-Anne, au cœur de la saison touristique.

La ville de Québec offrira dorénavant un produit touristique de choix à cette clientèle religieuse, en raison de la rareté des portes saintes.

Dans nos gènes

Peu de Québécois sont pratiquants, mais la religion catholique demeure dans nos gènes.

La curiosité et l’attirance suscitées depuis dimanche par la porte sainte de la basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Québec, en sont des preuves de plus.

C’est d’ailleurs ce qui rend si complexe la question de la laïcité. Les Québécois de souche sont nombreux à vouloir un encadrement serré des accommodements religieux pour les fidèles des autres religions, à vouloir aussi bannir le voile islamique dans l’appareil de l’État, mais tout en conservant ce qui est relié à la religion catholique. Bref, à vouloir d’une laïcité à deux vitesses.

Le cardinal Marc Ouellet a d’ailleurs joué à fond la carte identitaire durant son mandat à Québec, de 2003 à 2010. Il a notamment plaidé en commission parlementaire pour l’enseignement de la doctrine catholique dans le programme scolaire parce qu’elle fait partie de notre identité collective.

L’idée d’obtenir une porte sainte pour Québec est venue de l’actuel archevêque Gérald Cyprien Lacroix. Elle était audacieuse puisqu’il n’en existait que six au monde, dont quatre dans les principales basiliques de Rome. La demande de Mgr Lacroix a été accueillie parce que Québec est bien branchée à Rome, nous a-t-on dit. Mgr Ouellet poursuit son pastorat à distance.

En 2008, lorsqu’il faisait la promotion du congrès eucharistique international qu’il avait obtenu pour Québec, Mgr Ouellet utilisait l’argument du tourisme religieux avec les superlatifs d’un Marcel Aubut, afin de valoriser l’événement. La religion catholique sera une nouvelle fois mise au service de l’économie locale. Pourquoi pas? N’est-ce pas ce qui se fait à Rome?

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