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Sauvons M. Banks

Les vieux fantômes de Colin Farrell

Sauvons M. Banks
Courtoisie

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LOS ANGELES | Comment le flamboyant Colin Farrell peut-il être effacé à l’écran? Impossible, pensez-vous. Pourtant, c’est bien ce qui lui arrive dans Sauvons M.Banks, qui met en vedette Tom Hanks et Emma Thompson.

Le film se concentre sur les efforts déplo­yés par Walt Disney (Tom Hanks) pour convaincre P.L. Travers (Emma Thompson) de lui céder les droits de son roman Mary Poppins afin de porter la populaire gardienne d’enfants au grand écran. Un labeur qui a duré 20ans.

Farrell, lui, apparaît par bribes, dans des scènes de retour dans le temps. Il joue un banquier et le paternel de Travers, qui a installé sa famille en Australie, dans une région rurale. Charmant, mais troublé, Travers Goff a le mal de vivre et sombre dans l’alcool.

Farrell n’est pas étranger à de tels démons, lui-même ayant dû lutter contre sa dépendance à la drogue et à l’alcool en 2005.

À voir ce père de deux enfants en bas âge, posé et réfléchi, on a du mal à se rappeler l’homme intense, qui vivait dans l’excès.


Jouer Travers Goff a-t-il éveillé de vieux fantômes?

Je ne m’identifie pas à Travers ni à sa vie, mais je comprends sa tristesse et son inconfort dans son propre corps. C’est une histoire qui, malheureusement, arrive souvent et est vécue par beaucoup de gens. Il aimait profondément les siens, mais ne savait pas comment le démontrer, comment être un roc auquel sa famille aurait pu s’accrocher. Une réalité crève-cœur dont il n’arrivait plus à se sortir. En 1907, les groupes de soutien ne couraient pas les rues.

Diriez-vous que vous avez plus d’énergie qu’avant?

Oui et il le faut. Je ne pourrais plus mener la vie d’avant et être un bon papa à la fois. Ça m’a rattrapé avec le temps. J’étais pourtant solide de nature, mais je n’avais plus la santé pour continuer ce train de vie. J’ai pris la décision d’arrêter. On m’a enlevé un bandeau de sur les yeux et cela a valu la peine.

Vous semblez à l’aise dans les films d’époque. En avez-vous fait une prédilection?

Lorsque nous avons tourné Alexandre (réalisé par Oliver Stone et mettant en vedette Angelina Jolie, Val Kilmer, Anthony Hopkins et Jared Leto) au Maroc, je me suis senti chez moi. Le Maroc a gardé quelque chose d’antique, puisque les villes ne sont pas garnies de tous les attributs modernes qu’on trouve ailleurs. Il y a toutes les commodités, sauf qu’elles sont moins évidentes. C’est étrange. Ça m’était tellement familier. Je ne renoncerai pas à jouer dans un film dont l’action se déroulerait au premier millénaire. C’est une période que je n’ai pas eu l’occasion d’explorer.

Au rythme auquel les tournages d’époque s’enchaînent pour vous, ça semble probable…

Oui. On ne cesse de me faire jouer un siècle en arrière. À ce train-là, j’y parviendrai dans quelques années!

Vous avez travaillé sur d’autres projets, dont Conte d’hiver (Akva Goldsman) avec Russell Crowe et Will Smith, et Miss Julie (Liv Ullmann) avec Jessica Chastain et Samantha Morton. Vous considérez-vous comme un bourreau de travail?

J’apprécie mon travail, vous savez. Mais je fais attention de ne pas replonger dans mes vieilles habitudes. Avant, je travail­lais comme un démon, plus qu’aujourd’hui. J’allais de contrat en contrat. Par le passé, je n’appréciais pas mes temps libres, pas comme maintenant.

Avez-vous déjà travaillé avec une personne comme P.L. Travers?

Jamais. Je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un d’aussi dédaigneux et qui résiste aussi férocement à tout un processus. Il m’est arrivé de me retrouver dans un conflit de travail, où la fierté et l’ego prennent toute la place. Des désaccords créatifs, qui sont toutefois constructifs parce qu’exprimés en vue du résultat final. Mais jamais je n’ai connu un tel tsunami de négativité, comme elle est dans ce film pour empêcher son histoire de passer du livre à l’écran. J’ai trouvé ça pénible, parce que j’aime mon métier d’acteur.

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