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Enfin, voilà le temps des Fêtes

Temps des fêtes
Illustration Johanna Reynaud

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Il arrive enfin, le foutu temps des Fêtes. Pour qu’enfin on arrête tous de courir.

Il arrive enfin, le foutu temps des Fêtes. Pour qu’enfin on arrête tous de courir.

Parce que, parfois, je me sens comme une fourmi, prise dans sa fourmilière, entourée de ses semblables qui gigotent, travaillent, accumulent les projets, les contrats, les événements. Alors on traverse un automne chargé, en se plaignant d’un manque de lumière ici, d’un manque de temps là, on s’autodiagnostique une dépression saisonnière, mais on continue à rouler sa bosse en regardant le calendrier du coin de l’œil pour se rassurer en se disant: «C’est bientôt le temps des Fêtes!»

Que vous soyez un rabat-joie qui trouve que Noël est une fête commerciale, que vous soyez un grognon qui déteste Noël parce que ça vire toujours en chicane dans votre famille, que vous soyez un grincheux qui n’est déjà plus capable d’entendre les «Mon beau sapiiiiin» et les «parapapapampam» qui jouent dans tous les commerces depuis déjà deux semaines, eh bien, croyez-moi, vous en avez besoin quand même, de ce temps d’arrêt.

UNE TRAVAILLANTE

Je viens d’une famille où être «travaillant» est probablement la plus belle qualité qu’on peut attribuer à quelqu’un. Et ça nous vient clairement de notre bon vieux fond judéo-chrétien.

«Comment va Kim?

- Elle va très bien, elle travaille sans arrêt!»

«Kim a un nouveau chum?

- Oui, on l’adore, un bon petit gars travaillant!»

Et me voilà aussi entourée au travail de gens qui performent, réussissent et qui sont aussi passionnés par leur carrière.

Donc, dans ma petite tête, j’ai toujours associé travail + réussite = bonheur.

Même si je néglige mes amis.

Même si je peux compter sur les doigts de ma main les fois où j’ai vu mes filleuls cette année.

Même si j’aimerais voir ma famille plus souvent.

La fourmilière est plus importante et si je la quitte, ma vie perd son sens. Et ce qui est merveilleux, c’est que tout le monde semble avoir adopté ce mode de vie aussi.

UNE PETITE SIESTE

C’est alors que je tombe sur un Dany Laferrière en entrevue à la télé. C’est un écrivain accompli, passionné par son travail, que j’admire profondément… et qui affirme tout bonnement avoir passé sa vie à lire des livres et à faire la sieste.

C’est alors que mes équations n’ont plus de sens.

Loin de moi l’idée de vous faire la promotion de la simplicité volontaire, mais pour le temps des Fêtes, quittons la fourmilière.

Je ne fêterai pas la naissance de Jésus et l’arrivée du père Noël cette année.

Je vais en profiter pour faire la sieste. Lire des livres. Fermer mon ordinateur et aller voir mes amis, ma famille, en vrai, en chair et en os, en personne. Je vais aller jouer avec mes filleuls au lieu de les voir grandir sur l’écran de mon ordinateur. Marcher dehors longtemps, jusqu’à ce que mes pieds soient gelés. Manger une fondue entre amis. Embrasser trop longtemps un garçon. Rêver à ce qui pourrait m’arriver en 2014 et m’inventer des résolutions que je ne tiendrai pas.

Lire, dormir, rêver, aimer.

Quitter ma fourmilière, pour mieux y revenir.

Désolé à Jésus, Marie, Joseph, aux rois mages, l’âne et le bœuf, mais vous serez pas mal la dernière de mes priorités c’t’année!

Et c’est ce que je vous souhaite à tous. Des vacances en pyjama avec vos enfants dans les bras. Et du temps. Beaucoup de temps.

On se retrouve en 2014. Joyeuses fêtes à tous!

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