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En attendant un mort

Gilles Parent

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J’aime beaucoup le hockey, notre sport national. Je suis fier de raconter à mes trois fils que mes plus beaux souvenirs d’enfance sont liés de près ou de loin à la pratique de ce sport.

J’aime beaucoup le hockey, notre sport national. Je suis fier de raconter à mes trois fils que mes plus beaux souvenirs d’enfance sont liés de près ou de loin à la pratique de ce sport.

Je reconnais éprouver un immense plaisir à voir évoluer la nouvelle Ligue nationale, plus rapide et plus excitante que jamais. Par contre, les blessures plus fréquentes et plus graves me préoccupent.

Attaques sournoises

Or, chaque fois que se produit un geste disgracieux sur la patinoire, j’espère que les préfets de discipline vont faire leur travail et juger les actes selon des critères objectifs de sécurité des joueurs. Mais je suis toujours déçu.

Encore le week-end dernier, au moins deux attaques sournoises se sont produites sur la glace sans que le fameux «message clair» pour enrayer la violence soit envoyé par les dirigeants.

Samedi, James Neal a volontairement donné un coup de genou au visage de Brad Marchand, déjà étendu sur la patinoire. Rien d’accidentel, rien de nécessaire, rien «dans le feu de l’action». Tout pour mutiler ou blesser. Un coup sauvage indéfendable. Neal a écopé de cinq matchs de suspension. Une farce. Car voilà la belle affaire, Neal a un statut de super star. Et la LNH protège ses «meilleurs vendeurs», sous le regard complaisant des propriétaires et du commissaire Bettman.

Une ligue indigne de prétendre protéger les joueurs et la qualité du jeu.

La LHJMQ s’est également couverte de honte en ne suspendant pas le meilleur joueur des Remparts, Adam Erne, après son coup salaud porté par-derrière à l’espoir numéro un de sa propre ligue, Jonathan Drouin. Deux des meilleurs joueurs de la ligue, pas de suspension.

Je regrette, mais il n’y a que des sanctions sévères qui arriveront à imposer le respect du jeu et de ses participants.

Savez-vous ce qui me dégoûte aussi? Il se trouve encore des observateurs et des amateurs pour dire que la violence fait partie du hockey. C’est faux et archi faux. La robustesse et la rudesse, oui, mais pas les coups de salauds, les attaques imparables et les plaquages par-derrière. J’ai même entendu: «Les joueurs attaqués n’ont qu’à mieux se protéger car, après tout, le hockey, ce n’est pas un sport de “tapettes” ou de “moumounes”. Ils connaissent les dangers qu’ils encourent.»

Intervenir

Pourtant, il est possible d’intervenir pour mieux encadrer et protéger les joueurs. La NFL et la NBA le font, en imposant des amendes salées et des suspensions exemplaires en vue de faire régner un sentiment de sécurité.

Curieux, mais c’est fou tout le temps que l’on passe à défendre les batailles et la violence dans un sport qui ne cesse de voir ses jeunes le déserter au profit du soccer, du football et du basket. Des sports qui aiment assez les participants pour leur imposer le bon sens et la rigueur, le respect et les responsabilités individuelles aussi.

Pendant ce temps, le hockey de mon enfance attend patiemment son premier mort sur la glace pour agir. Peut-être.

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