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Prostitution

Elle empoche l’argent de l’aide sociale et du sexe

Prostitution, prostituée
Photo d'archives

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Même si une personne admet se prostituer depuis 30 ans, l'État ne peut exiger qu'elle rembourse ses prestations d’assistance sociale: non seulement la prostitution n'est pas illégale, mais on n'a pas pu prouver ses revenus.

La dame de 49 ans devra seulement redonner les prestations reçues pendant les trois dernières années plutôt que les 84 737 $ que lui réclamait le gouvernement, selon une décision récente du tribunal administratif. Pourtant, la femme a admis s’être prostituée pour se payer de la cocaïne alors qu’elle recevait l’aide gouvernementale.

Cet aveu n’a toutefois pas joué contre elle puisqu’elle ne s’est jamais fait prendre à faire de la sollicitation, une infraction criminelle. Ses revenus étaient donc aussi légaux que n’importe quel autre travail, ce qui lui donnait droit à un salaire de 200 $ par mois sans que ses prestations soient affectées.

Les juges administratifs ont estimé que le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale n’a pas été en mesure de prouver que le salaire de la dame était plus élevé.

« Vie tumultueuse »

Cette histoire rocambolesque a commencé en 1994 lorsque la femme de 30 ans dont on ne connaît pas l’identité a fait une demande d’aide sociale à sa sortie de prison. «Sa dépendance à la cocaïne l’a amenée à prendre différents moyens pour combler ses besoins», peut-on lire dans le jugement.

Cinq ans plus tard, elle a passé deux longs séjours dans des maisons de thérapie après quoi elle a rechuté et s'est même retrouvée à l’hôpital. «[La dame] a eu une vie au parcours difficile, parsemé de violence, d’abus, de consommation abusive», décrit-on dans le jugement.

Ce n’est qu’en 2007, lorsqu’elle s’est finalement établie dans un logement dont le coût dépassait ses revenus d’aide sociale que ses dépenses excessives ont attiré l’attention des inspecteurs du ministère. Après enquête, ils ont suspendu ses prestations et lui ont demandé de les rembourser toutes.

Aussitôt exclus

En plus de contester la requête du ministère, la dame a déposé une demande d’allocations de solidarité sociale pour les personnes invalides qui lui sera accordée.

«J’ai fait la rue pour me débrouiller, mais mon genou très malade m’empêche de poursuivre, et il y a aussi la crainte de violence», avait-elle indiqué dans sa demande produite à la cour.

Depuis, elle se dit sobre, mais a admis s’être prostituée de nouveau en 2008. Dans le jugement, on indique que «sa crédibilité a été entachée à quelques reprises». On mentionne notamment qu’elle «a esquivé plusieurs questions en audience et a démontré, dans la façon dont elle a quitté la salle d’audience, qu’elle était incapable de même entendre un autre point de vue que le sien».

Le ministère n’a pas voulu commenter la décision puisqu’il pourrait toujours en appeler de la décision.

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