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Nickel

Le nickel plus dangereux que prévu

Québec resserre considérablement la norme sur les émissions de poussière dans l’air ambiant

Marche nickel
photo d’archives, Karl Tremblay En avril dernier, des citoyens avaient manifesté pour un milieu de vie plus sain dans le quartier Limoilou, touché par un problème de poussières de nickel.

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Les poussières de nickel que respirent les citoyens de l’arrondissement Limoilou à Québec sont beaucoup plus dangereuses pour leur santé que ne le croyait le ministère de l’Environnement.

Les poussières de nickel que respirent les citoyens de l’arrondissement Limoilou à Québec sont beaucoup plus dangereuses pour leur santé que ne le croyait le ministère de l’Environnement.

C’est précisément la raison pour laquelle ce ministère a décidé de resserrer la norme sur les émissions de poussières de nickel dans l’air ambiant. De nouvelles études démontrent que le système immunitaire de l’organisme humain serait plus vulnérable à la présence de telles particules dans les poumons.

«On parle de cellules au niveau pulmonaire dont la mission est de défendre le corps contre les invasions microbiennes. Le nickel dans les poumons peut réduire cette défense-là», a expliqué M. Pierre Walsh, de la direction du suivi environnemental, au ministère de l’Environnement.

C’est après avoir pris connaissance d’une étude de l’Office of Environmental Health Hazard Assesment (OEHHHA) de la Californie que le ministère a décidé de resserrer la norme d’émissions de poussières de nickel dans l’air ambiant.

Changement «majeur»

La norme a été réduite de 12 nanogrammes (ng) de particules de nickel par mètre cube d’air mesurable sur une période de un an, à 14 ng par mètre cube d’air mesurable sur une période de 24 heures, ainsi que le révélait en primeur Le Journal de Québec dans sa livraison du 13 décembre.

«Le ministère reconnaît que la baisse de la période de mesure de un an à 24 heures est majeure», ajoute M. Walsh. Le Conseil patronal de l’environnement du Québec a d’ailleurs réagi promptement, déclarant qu’il serait presque impossible pour les entreprises visées d’être conformes à la nouvelle norme.

La norme californienne limitant les émissions de poussières de nickel a elle aussi été réduite, de 6000 à 200 ng par mètre cube d’air mesurable sur un an, sur la foi de l’étude de l’OEHHA divulguée en 2012.

Au Québec, la norme de 12 ng mesurable sur un an n’avait pourtant été établie qu’en 2011. Au printemps 2013, la Direction régionale de la santé publique a confirmé que la présence de nickel dans l’air de Limoilou avait dépassé de plus de trois fois la norme pendant 15 ans. Le ministère de l’Environnement a alors décidé de resserrer sa norme.

«On était en pleine crise du nickel (au port de Québec). On ne voulait plus avoir une norme qui n’était plus à jour», plaide Pierre Walsh.   

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