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Généalogie

Six générations vivantes

Le bébé de la famille aura quatre grands-mères de la même lignée pour le gâter à Noël

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Après avoir vu naître un siècle de technologies qui ont bouleversé le monde, une vieille dame a la chance exceptionnelle d’assister à la naissance de la petite Alice, sixième génération de sa lignée.
Photo Simon Bousquet
Pour la première fois, Emma Myette (97 ans) tient Alice (2 mois) dans ses bras. Elle est entourée de sa fille Suzanne Bergeron-Gauthier (77 ans), de sa petite-fille Linda Gauthier (55 ans), de son arrière-petite-fille Mélanie Dodon (37 ans) et de la mère d’Alice, Vanessa Guilbault (20 ans).

Après avoir vu naître un siècle de technologies qui ont bouleversé le monde, une vieille dame a la chance exceptionnelle d’assister à la naissance de la petite Alice, sixième génération de sa lignée.

La dame de 97 ans est ravie de pouvoir enfin tenir sa 120e descendante dans ses bras. Le bébé est né le 30 octobre dernier à Saint-Calixte, mais ce n’est que cette semaine qu’elles se sont rencontrées.

«Ça me fait chaud au cœur, a aussitôt déclaré la dame en tenant l’enfant sur ses genoux. J’ai assez de beaux enfants! Ça me fait plaisir de savoir qu’ils ont tous réussi, qu’ils ont tous une famille et une maison.»

Selon les filles de Mme Emma Myette, l’arrivée de la petite Alice a contribué à la grande forme de la dame. «L’année dernière, elle ne filait pas, alors on l’encourageait en lui rappelant que sa petite-fille était en route», raconte sa fille Jocelyne Bergeron.

Malgré le siècle qui les sépare, une belle complicité s’est tout de suite installée entre la dame et le bébé qui s’est endormi sur les genoux de sa grand-mère. Pourtant, l’enfance de la petite Alice ne ressemblera en rien à celle de Mme Myette, née en 1916 dans le quartier Saint-Henri. À l’époque, la première station de radio du pays n’existait pas et ce n’est que cette année-là que des opérateurs avaient réussi à établir le premier appel téléphonique entre Montréal et Vancouver.

L’enfance de la petite Alice risque d’être bien différente. À l’ère des téléphones intelligents et des réseaux sociaux, l’Internet sera peut-être même dépassé lorsqu’elle atteindra l’adolescence.

NE PAS « EMPÊCHER LA FAMILLE »

Lorsqu’elle s’est mariée à Philias Bergeron le 14 juillet 1933, Mme Myette était loin de se douter qu’elle serait la mère d’une si grande famille.

«Je ne pensais même pas que j’aurais autant d’enfants, mais, dans ce temps-là, l’Église nous disait de ne pas empêcher la famille», raconte la doyenne.

Pourtant, en 1936, elle donnait naissance à Suzanne, son troisième enfant. À la veille de la Deuxième Guerre mondiale et de l’ère des télécommunications, l’âge d’or de la radio battait son plein à Montréal. Après avoir eu son quatrième enfant, le couple avait fait une sorte de retour dans le passé en allant s’établir en Abitibi.

«Ma mère trouvait ça trop dur parce qu’il n’y avait pas d’électricité dans ce temps-là», explique sa fille Suzanne Bergeron-Gauthier, 77 ans. La famille est rapidement revenue s’établir dans la métropole, puis à Longueuil. Au fil des ans, huit autres bébés s’ajouteront à la marmaille.

À 18 ans, Suzanne a quitté la maison familiale pour se marier à un homme originaire de Saint-Calixte dans Lanaudière. En 1958, elle a donné naissance à Linda, son troisième enfant, alors que la télévision arrivait progressivement dans les foyers québécois.

Pendant que les Olympiques de Montréal accueillaient les athlètes du monde entier, Linda donnait naissance à Vanessa, sa première fille. Comme le progrès qui ne ralentit pas, la lignée de Mme Myette ne s’essoufflait pas. En 1993, Linda a donné la vie à Vanessa, qui, 20 ans plus tard, a à son tour donné naissance à la petite Alice. «C’est quelque chose d’assez exceptionnel, je ne pensais pas voir ça. C’est une belle rencontre», conclut la mère du nouveau-né.

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