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Claude Robinson : l’homme qui ne plie pas

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Claude Robinson est un auteur. Il s’est fait grossièrement plagier et piller par une entreprise. Lorsqu’il a fait valoir ses droits, on l’a tourné en ridicule. Ce qu’il y avait d’odieux, ici, c’était le cynisme des puissants. Comme si leur force et leur richesse leur permettaient de faire n’importe quoi.

Claude Robinson est un auteur. Il s’est fait grossièrement plagier et piller par une entreprise. Lorsqu’il a fait valoir ses droits, on l’a tourné en ridicule. Ce qu’il y avait d’odieux, ici, c’était le cynisme des puissants. Comme si leur force et leur richesse leur permettaient de faire n’importe quoi. L’entreprise a voulu le briser, le détruire. La Cour suprême vient de lui donner raison.

Nous savons depuis toujours qu’il arrive que le plus faible triomphe du plus fort. Que la justice fasse éclater la domination. C’est rare. Mais cela arrive. C’est la vieille histoire de David contre Goliath. Mais qui a envie de jouer le rôle de David? En temps normal, chacun veut vivre de son métier, jouir de la vie et se tenir éloigné des ennuis.

C’est une petite fable sur l’héroïsme tranquille. Claude Robinson aurait pu abandonner, tout lâcher, tout larguer. D’ailleurs, sauf certains esprits singuliers, qui rêvent de gloire, personne n’a envie de devenir un héros. Car l’héroïsme se paie au prix d’immenses renoncements. Claude Robinson est devenu héros malgré lui.

COMPROMIS MESQUINS

C’est admirable un homme qui ne plie pas devant un système plus fort que lui qui veut l’écraser, en réduisant la société à de purs rapports de force entre les forts et les faibles. Mais l’homme qui ne plie pas trouve dans sa dignité les moyens d’une lutte épique. On veut le diminuer, il se grandit. Claude Robinson n’a pas plié.

Notre société pousse aux compromis mesquins. Elle demande: pourquoi un homme irait jusqu’à abîmer sa santé, physique comme mentale, pour une question de principes? Tous les principes ne sont-ils pas négociables? Pourquoi s’en tenir à un absolu quand on est déjà étouffé par les petits tracas du quotidien?

Mais l’honneur nous enseigne autre chose. La plupart du temps, on ne pense pas à l’honneur. On trouve même le moyen de s’amuser de ceux qui disent y tenir. Se prennent-ils pour des chevaliers, ces obstinés qui ont décidé de ne pas transiger sur l’essentiel? Mais c’est lorsqu’un homme voit son intégrité morale agressée qu’il sait de quel bois il est fait.

LEÇON DE COURAGE

Il y a dans le cœur de l’homme des ressources immenses qui ne se révèlent que dans la crise. D’une époque à l’autre, l’héroïsme ne se manifeste pas de la même manière. Les batailles ne sont pas les mêmes. Mais l’existence humaine demeure une traversée à obstacles. L’homme qui refuse de se coucher et transfigure son existence par la lutte fait honneur au genre humain.

Clémeanceau disait: «Dans la guerre comme dans la paix, le dernier mot revient à ceux qui ne se rendent jamais.» Dans un monde qui se moque des héros, Claude Robinson vient de donner une formidable leçon de courage. Et Georges Bernanos, dans son Journal d’un curé de campagne, parle du petit nombre de «ceux qui se tiennent debout». Claude Robinson en fait pleinement partie.

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