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Justice pour la classe moyenne

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En 1995, j’écoutais avec mon frère et ma sœur plus jeunes les petits bonshommes la fin de semaine, notamment le tout dernier dessin: Robinson Sucroë. J’étais loin de me douter que ce dessin animé était en fait une œuvre plagiée. Car c’est bien cela que la Cour suprême a confirmé dans un jugement très attendu hier. L’œuvre originale de Claude Robinson, Les aventures de Robinson Curiosité, a été plagiée par les maisons de production Cinar, France Animation, Ravensburger Film et RTV.

En 1995, j’écoutais avec mon frère et ma sœur plus jeunes les petits bonshommes la fin de semaine, notamment le tout dernier dessin: Robinson Sucroë. J’étais loin de me douter que ce dessin animé était en fait une œuvre plagiée. Car c’est bien cela que la Cour suprême a confirmé dans un jugement très attendu hier. L’œuvre originale de Claude Robinson, Les aventures de Robinson Curiosité, a été plagiée par les maisons de production Cinar, France Animation, Ravensburger Film et RTV.

Pendant 18 ans, M. Robinson s’est battu devant des compagnies qui semblaient avoir des revenus illimités et dont les frais juridiques étaient couverts par leurs assurances. Pendant tout ce temps, il a dû compter sur sa ténacité et sa résilience pour tenir. Il a bénéficié de plusieurs dons du public et aussi des dons de ses avocats qui n’ont pas facturé l’ensemble de leurs heures pour pouvoir finalement avoir gain de cause. Ces frais montent cependant à près de 2,5 millions de dollars. Du moins, c’est ce qui est estimé.

Saga judiciaire

Bien que la Cour ait statué à la culpabilité des maisons de production et consent à Claude Robinson pour ses droits d’auteurs un montant de 4,3 millions de dollars, rien n’est encore assuré pour ce dernier. Certes, il a remporté la bataille sur ses droits d’auteur, mais il doit maintenant se battre pour se faire payer ses dus.

Les responsables du vol (et du viol) des droits d’auteurs de M. Robinson ne sont pas considérés comme solidairement responsables. Il devra donc les poursuivre un à un pour obtenir l’argent qui lui est dû. Il aura encore besoin du soutien du public dans ces poursuites.

Bien que nous puissions constater que justice est rendue, cette saga judiciaire nous amène à constater à quel point la classe moyenne est la grande laissée pour compte dans notre système juridique. Le porte-parole d’Opération Robinson indiquait avec justesse que «la question de l’accès à la justice reste entière». Entre l’assistance sociale et un revenu largement suffisant pour se payer les meilleurs avocats, il est difficile de trouver un milieu.

Exemple de courage

Le gouvernement du Québec a fait modifier, en octobre, l’accès à la justice avec l’amélioration du seuil d’accessibilité à l’aide juridique. Cette mesure a permis à 500 000 personnes d’avoir accès gratuitement aux services d’un avocat. Certes cette mesure permet de réduire l’écart entre les pauvres et les plus riches de notre société face à l’accès à la justice, mais, pour la classe moyenne, ce n’est pas suffisant.

En cette période des Fêtes, n’oublions pas nos concitoyens qui vivent encore aujourd’hui des injustices innommables et qui n’ont pas les moyens de se défendre. Dans ces combats qui opposent souvent David et Goliath, c’est le rôle de l’ensemble de la société d’appuyer les petits pour que jamais les grands ne puissent abuser de leurs privilèges en toute impunité. Félicitations à M. Robinson pour son courage qui, je le souhaite, saura en inspirer plusieurs.

Joyeuses Fêtes!

 

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