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feu | réveillon de Noël

En cravate pour combattre le feu en plein réveillon de Noël

Les pompiers abandonnent leur famille à l’appel du devoir

En cravate pour combattre le feu
Photo agence qmi, pascal girard L’immeuble a complètement été détruit par un incendie, le soir de Noël, jetant deux familles à la rue.

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Même tout endimanchés pour le réveillon, les pompiers ne peuvent perdre de temps quand le devoir les appelle. C’est précisément ce qu’ont fait les sapeurs volontaires de Mont-Saint-Grégoire, la veille de Noël, certains se présentant en complet-cravate sur la scène d’un incendie.

Vers 23 h 30 mercredi, deux douzaines de pompiers ont ainsi abandonné famille et amis pour aller éteindre l’incendie qui avait éclaté dans un duplex situé au cœur du village de la Montérégie.

«Quelques gars sont arrivés habillés très chic», raconte Ernest Bernhard, le directeur du service d’incendie qui dessert les quelque 4000 habitants de Mont-Saint-Grégoire et de Sainte-Brigide-d’Iberville.

Lorsqu’il a reçu l’appel d’urgence, M. Bernhard était sur le point d’aller au lit après avoir réveillonné avec sa femme et ses deux adolescents.

«On savait qu’on allait y passer la nuit, raconte-t-il. Pendant mes 28 ans de service, ce n’est pas le premier réveillon que je passe à combattre un feu. On a 75 appels par années et on ne choisit pas la journée que ça arrive.»

En quelques minutes, les pompiers se sont retrouvés avec les bottes aux pieds et le casque sur la tête devant l’immeuble de la route 104 où l’un des logements était en flamme. À l’arrivée des secours, les quatre personnes qui s’y trouvaient avaient réussi à sortir. Une dame incommodée par la fumée a toutefois dû être transportée à l’hôpital, mais on ne craint pas pour sa vie. Les autres rescapés ont été pris en charge par la Croix-Rouge.

Pendant ce temps, les pompiers devaient s’approvisionner en eau dans les municipalités voisines puisque le secteur n’est pas desservi par un système d’aqueduc. Des pompiers de Farnham, de Saint-Alexandre, de Saint-Jean-sur-Richelieu et de Sainte-Angèle-de-Monnoir ont aussi été appelés en renfort.

DEUX FAMILLES À LA RUE

Malgré leurs efforts, l’incendie a atteint le deuxième logement et la maison d’une soixantaine d’années a complètement été ravagée. Au total, sept personnes se sont retrouvées à la rue.

«On a couru après le feu toute la nuit, explique M. Bernhard. C’est un vieux bâtiment avec des vices de construction, alors le feu se propageait dans le plafond et la structure du bâtiment.»

Au petit matin, les pompiers ont enfin réussi à éteindre le brasier, mais leur nuit de travail n’était pas tout à fait terminée. Pendant les deux heures suivantes, ils se sont afférés à ramasser et à nettoyer leur matériel, puis ils ont rempli les réservoirs d’essence de leurs cinq camions avant de pouvoir enfin aller se coucher, exténués, vers 9 h 30.

Après l’action, seul M. Bernhard était toujours sur place pour assister l’enquêteur de la Sûreté du Québec venu identifier la cause de l’incendie. Il a finalement pu se reposer vers 16 h.

Bien qu’il soit souvent dérangé durant les fêtes de famille ou lorsqu’il travaille à sa ferme, le directeur de la caserne estime qu’il est de son devoir de combattre les incendies. «C’est mon travail, affirme-t-il fièrement. On est une petite communauté alors on ne peut pas payer des millions de dollars pour un service de pompiers.»

 

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