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Incendie

Un homme perd la maison qu’il a habitée pendant 73 ans et celle qu’il a construite

Un incendie détruit la maison où un homme de 74 ans a passé sa vie et celle qu’il a construite

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Un homme de 74 ans a perdu un gros morceau de son existence dans la nuit d’hier lors de l’incendie de la maison où il avait passé sa vie et du jumelé qu’il avait construit de ses propres mains à Mercier.

Lorsqu’il était enfant, la maison que le père de Réal Larivière avait bâtie en 1915 était la dernière résidence à l’est de Montréal. Dans sa cour arrière, il n’y avait que des champs et des poulaillers jusqu’à Pointe-aux-Trembles. C’est dans cette maison qui l’a vu vieillir que l’homme avait l’intention de mourir.

Heureusement, lorsqu’un incendie a éclaté vers 1 h 19, il a pris la décision d’abandonner le navire avec sa femme, Denise Lacasse, et leur chienne Maggie. Ils ont sauvé leur vie, mais le choc a été terrible selon leurs proches.

«Il n’a pas dit grand-chose, il a juste pleuré, raconte sa fille, Diane Larivière. Ils ont tout perdu. Il n’y a plus de photos, plus de souvenirs, plus de vêtements, plus rien finalement. Pour eux, leur maison, c’était leur cœur. Ils avaient des sentiments par rapport à ça.»

La veille de l’incendie, la famille s’était réunie une dernière fois dans la maison pour célébrer le Nouvel An.

INCENDIE

Le feu s’est déclaré dans la nuit de jeudi à vendredi. Tout de suite, M. Larivière a senti de la fumée qui provenait de la salle de bain du deuxième étage. En y jetant un coup d’œil, il a aperçu des étincelles qui tombaient du plafond, et des flammes sont apparues peu de temps après.

L’homme a alors appelé les pompiers avant d’évacuer sa résidence avec sa femme et sa chienne pour se réfugier chez des voisins, de l’autre côté de la rue. Pensant que le feu n’était pas majeur, ils n’auraient pas réveillé leurs voisins de la maison jumelée où presque tout le monde dormait paisiblement. Seul Éric Chamberland était sur le point d’aller au lit.

Par chance, l’homme de 28 ans regardait toujours la télévision au sous-sol lorsqu’il a senti la fumée s’introduire par la fenêtre de sa chambre, juste à temps pour tirer la sonnette d’alarme. Souffrant de problème cardiaque grave, il s’est efforcé de garder son calme pour éviter de faire un nouvel AVC et s’est précipité dans la chambre de sa mère pour la réveiller.

Alertée, celle-ci a escaladé l’escalier menant à l’appartement du deuxième où dormait Denise Keable, sa belle-mère âgée.

«Elle était nerveuse, et quand je l’ai aidée à descendre, il commençait à y avoir pas mal de fumée dans son appartement, explique Lucie De Grandpré. Il fallait se dépêcher à sortir, mais une chance qu’elle est toujours en forme malgré ses 83 ans.»

FEU ET GLACE

À leur arrivée, les pompiers ont découvert un épais nuage de fumée et des flammes qui s’échappaient du toit qui s’est effondré pendant l’intervention. Le froid polaire qui régnait hier a compliqué les opérations, faisant geler l’eau dans les tuyaux et occasionnant des problèmes avec les gants et les appareils respiratoires des pompiers. Des renforts ont été appelés sur les lieux pour permettre aux pompiers de faire des pauses afin de se réchauffer.

« LA VIE CONTINUE »

Même si la maison du couple est une perte totale et qu’on peut voir le ciel par les fenêtres du deuxième, quelques rares souvenirs ont miraculeusement été sauvés grâce à un classeur de métal qui a résisté aux flammes. Le couple a été pris en charge par ses enfants.

Malgré la catastrophe, la voisine ne s’est pas laissée abattre. Il faut dire qu’elle commence à avoir l’habitude des drames, depuis la mort de son mari et la crise cardiaque qui a laissé son fils handicapé en l’espace de quelques années. Mme De Grandpré, qui ne prévoit même pas prendre congé de son travail à l’hôpital Louis-H. Lafontaine, dit qu’elle en profitera pour aller vivre quelque temps chez sa fille.

«La vie continue, et on trouve le moyen de rire quand même», conclut la dame avec philosophie.

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