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Bloc MM Gagnon

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Les spectateurs constatent notre joie ou notre déception lorsqu’on termine une course, mais ils ne saisissent pas toute la fébrilité qui existe au sommet du parcours.

Les spectateurs constatent notre joie ou notre déception lorsqu’on termine une course, mais ils ne saisissent pas toute la fébrilité qui existe au sommet du parcours.

Après l’échauffement du matin sur un parcours autre que celui qu’on empruntera durant la course, nous attendons le départ dans une vaste tente chauffée. Un espace est aménagé strictement à l’attention des skieuses, où seuls les entraîneurs sont autorisés à entrer.

Il y a un buffet, des soupes et du chocolat chaud. Évidemment, il y a aussi des télés sur lesquelles tu peux suivre les premières descentes, ce que font surtout les filles qui possèdent un numéro de dossard plus élevé. On y jette un coup d’œil pour se donner une idée du déroulement de la course.

Chasser la nervosité

On ressent toujours une certaine tension dans ce salon, davantage lors des épreuves de vitesse que techniques. Ce n’est pas la peur, mais une nervosité qui nous habite à l’idée de descendre à haute vitesse et la garantie de nous faire secouer.

Souvent, on chasse cette nervosité en jouant aux cartes, au jeu Uno ou à d’autres amusements sur nos téléphones. Ça se passe à la table du Canada, mais on s’invite aussi aux tables des autres équipes.

Lorsque j’avais des positions de départ plus éloignées, je pouvais attendre jusqu’à deux heures, alors il me fallait passer le temps. Maintenant, en slalom et en slalom géant, je pars dans le top 15, ce qui fait que j’ai moins de temps.

Ma routine

Plusieurs des autres concurrentes se réfugient dans leur bulle en écoutant de la musique, mais ce n’est pas mon cas. Je préfère me mêler aux autres. Je retrouve ma bulle seulement lorsque je m’approche du portillon de départ.

J’ai la même routine une quinzaine de minutes avant mon départ. En compagnie de notre physiothérapeute, Jennifer Delich, je fais l’échauffement de mes abdominaux. J’écoute ensuite par radio les rapports sur l’état du parcours et les dernières consignes des entraîneurs. Je ne dois pas penser au parcours dans son ensemble, mais plutôt à quelques endroits problématiques où je devrai accorder plus d’attention.

Puis, quand j’arrive au portillon de départ, je pense à des mots-clés. En géant, je me rappelle de me concentrer sur mon mouvement vers le bas de la pente. En slalom, c’est 100 % énergie. Ça peut paraître abstrait tout ça, mais ça m’aide. Jennifer a des antécédents de ski de haut niveau et elle sait exactement quoi me dire. Elle sait ce qu’on vit à quelques secondes de s’élancer.

L’appel de la nature

Ah! J’oubliais. Il y a aussi des envies naturelles auxquelles on ne peut pas résister. Quand le pipi de la nervosité survient, il faut bien y aller. Cependant, il n’y a pas toujours de toilettes chimiques dans l’aire de départ. Chacune des filles s’en va alors seule dans son coin. On s’organise!

 

- Propos recueillis par Alain Bergeron

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