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Santé

Les sans-abris à problèmes

Blâmer les policiers ? Plutôt trouver des solutions

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Comme dans toutes les grandes villes, Montréal fait face à un nombre croissant de sans-abris dont un bon nombre souffre de maladies mentales.

Comme dans toutes les grandes villes, Montréal fait face à un nombre croissant de sans-abris dont un bon nombre souffre de maladies mentales.

L'intervention récente d’un policier du SPVM auprès d'un sans-abri rappelle cette cruelle réalité.

Tous les sans-abris ne sont pas des malades mentaux victimes de la désinstitutionnalisation.

Bien sûr, on retrouve certains schizophrènes chroniques qui ont cessé de prendre leur médication et qui se sont remis à délirer, à avoir des hallucinations et à présenter de l’agressivité.

Plusieurs présentent aussi des psychoses alcooliques ou toxiques suite à l’intoxication aux drogues et n’ont jamais été traités. Ce sont particulièrement ces malades qui flânent dans le métro, qui harcèlent les gens et qui ont des altercations avec les policiers, comme un cas nous l’a montré récemment.

Tout cela n’est pas une raison pour les laisser dans la rue.

Itinérants agités

Le malheur, c’est que contrairement à la médecine physique, en psychiatrie, plus le patient est malade, moins il veut collaborer et consulter, d’où la difficulté à lui faire comprendre le bon sens.

Le patient agité, qui se sent persécuté, voit toute tentative de rapprochement comme une attaque personnelle et se sent obligé de se défendre.

Il faut donc beaucoup d’expérience et de patience pour le faire changer d’idée et réussir à le conduire à l’urgence.

Quand il fait – 20 C dehors, que le malade est nu-pieds dans la neige depuis quelques heures, comme j’ai déjà vu, et qu’il ne veut rien savoir, il faut parfois utiliser des moyens plus radicaux, surtout afin d’éviter que ses engelures aux pieds ne finissent par une gangrène et une amputation. Entre deux maux, il faut savoir choisir le moindre.

Quand un sans-abri ne veut rien entendre et que sa santé est en danger, il faut intervenir.

Blâmer ou aider ?

Lors de sa maladroite intervention, le policier du SPVM a menacé un sans-abri de l’attacher à un poteau s’il n’arrêtait pas d’importuner les passants. Une vidéo a capté la scène. On blâme maintenant le comportement du policier.

Les médias sociaux sont forts pour rapporter en quelques secondes les dérives policières, mais je me demande ce que feraient ceux qui prennent ces photos s’ils étaient à la place des policiers? Pourquoi ne viennent-ils pas en aide aux policiers s’ils ont un meilleur talent de psychologues? Pourquoi n’appellent-ils pas Urgence-Santé pour venir prêter main-forte aux policiers?

Le sensationnalisme semble plus important que d’aider un pauvre diable et il est plus facile d’accuser que de trouver des solutions.

Des solutions

Et il y en a des solutions. Trois procédures peuvent améliorer la situation des sans-abris, été comme hiver.

  1. Premièrement, il existe des intervenants psycho-sociaux qui connaissent bien cette clientèle. Dans toute situation où il y a un problème avec ce genre de malade, le public, autant que la police, devraient connaître un numéro de téléphone donnant accès à un intervenant psycho-social qui pourrait se rendre sur les lieux en compagnie d’Urgence-Santé. Les policiers resteraient à l’arrière pour ne pas augmenter l’animosité du malade et seraient prêts à intervenir si la situation se dégrade.
  2. Deuxièmement, des ententes de collaboration sont en train d’être conclues entre les hôpitaux du centre-ville et les Instituts de santé mentale de Montréal (autrefois Douglas et Louis. H. Lafontaine) pour les patients qui nécessitent des traitements à plus long terme. Une heureuse initiative.
  3. Troisièmement, une salle de la Cour municipale est maintenant dédiée aux malades mentaux qui ont été arrêtés. Au lieu de suivre bêtement le Code criminel, le juge, les avocats et les professionnels de la santé travaillent ensemble pour trouver la meilleure solution pour le malade qui vient de commettre un délit. À ce jour, les résultats sont très encourageants.

Comme on peut le constater, des pistes de solutions existent, mais il faut bonifier le travail de collaboration entre les différentes instances, augmenter l’aide médicale et psychiatrique pour les sans-abris et ajuster les budgets en conséquence. Il est grandement temps d’agir concrètement pour corriger cet échec.


 

 

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