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Une avancée pour notre sécurité

Bloc Guay

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Je ne vous apprendrai rien sur les vitesses folles qu’on atteint sur nos skis, mais il y a heureusement des avancées dans l’équipement pour augmenter notre sécurité.

Je ne vous apprendrai rien sur les vitesses folles qu’on atteint sur nos skis, mais il y a heureusement des avancées dans l’équipement pour augmenter notre sécurité.

Mon coéquipier Jan Hudec et l’Italien Werner Heel se sont prêtés à l’expérience de porter une sorte de coussin gonflable lors d’une des descentes chronométrées à la Coupe du monde de Bormio, à la fin du mois de décembre. Manuel Osborne-Paradis et moi avions déjà essayé cet équipement durant des entraînements libres, mais c’était la première fois que des skieurs le faisaient dans le cadre d’une course «officielle».

Quatre ans d’étude

C’est le manufacturier italien Dainese qui a commencé à développer cette technologie. Spécialisée à l’origine dans l’équipement de protection pour les motocyclistes, elle a ensuite étendu ses recherches à l’intention d’athlètes qui pratiquent d’autres sports à risques.

Dans les quatre dernières années, la compagnie a récolté des données au moyen de puces électroniques logées dans le coussin protecteur dorsal porté par des skieurs. Ça a servi à obtenir diverses informations, comme la vitesse, l’accélération et les angles de rotation. Ces détails servent à déterminer l’instant précis qu’un skieur perd le contrôle et pour qui la chute est inévitable, ce qui déploierait alors le coussin gonflable pouvant lui protéger la tête, le cou et la colonne vertébrale.

La FIS étudie

La compagnie en est donc arrivée à un prototype, mais la Fédération internationale de ski n’a pas encore approuvé son utilisation définitive. Malheureusement, la FIS a l’habitude d’être lente dans ce genre de décision.

Si la FIS adopte ce nouveau règlement, je suis persuadé que de nombreux skieurs de la Coupe du monde accepteraient de porter cet équipement. Dont moi. Après l’avoir essayé en situation de course, Jan a dit qu’il n’avait nullement été ennuyé durant sa descente.

C’est difficile pour moi de savoir si cette protection m’aurait été utile dans le passé parce que je n’ai encore jamais subi de blessures majeures aux épaules ou à la colonne vertébrale en raison d’une chute. Je n’ai pas subi non plus de commotion cérébrale. Peut-être, par contre, que ce coussin aurait pu éviter de graves blessures à des skieurs qui ont chuté. Je pense entre autres à l’accident de Hans Grugger, à Kitzbühel en janvier 2011.

Quelque chose d’autre me réjouit dans cette percée pour accroître notre protection. De plus en plus, on étudie une façon pour mieux protéger les genoux lors de chutes, quelque chose qui ressemble à une sorte de pantalon. On verra bien.

Entre-temps, j’espère que la FIS va s’ouvrir à cette dernière innovation. L’objectif de Dainese était de voir ce nouvel équipement être porté lors des Jeux olympiques, mais j’ai peur que les délais soient trop rapprochés pour que ça se produise.

 

— Propos recueillis par Alain Bergeron

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