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Secondaire V (4/5)

92 minutes en classe avec nos jeunes

Film documentaire de Guillaume Sylvestre.

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C’est en 2011 que le réalisateur Guillaume Sylvestre (Durs à cuire) est entré pour la première fois dans l’école Paul-Gérin Lajoie avec un but bien précis: y filmer les étudiants dans leur dernière année de secondaire.

C’est en 2011 que le réalisateur Guillaume Sylvestre (Durs à cuire) est entré pour la première fois dans l’école Paul-Gérin Lajoie avec un but bien précis: y filmer les étudiants dans leur dernière année de secondaire.

Qu’est-ce qui se passe dans la tête de ces jeunes montréalais de 16-17 ans d’origines diverses? Dans quelle réalité vivent-ils aujourd’hui?

Faire partie du mobilier

C’est armé de sa caméra que Sylvestre a tenté de se fondre – littéralement — dans les différents cours. Pas une mince tâche; il avoue avoir jeté presque tout le matériel filmé dans les deux ou trois premiers mois, car la caméra influençait trop les étudiants. Mais une fois qu’il a «fait partie du mobilier», alors là tout s’est enclenché. Et une seule règle pour lui: aucune intervention de sa part, ni en classe, ni hors champ. Aucune narration, aucune mise en contexte. Ce portrait de 92 minutes laisse littéralement toute la place au sujet, ou plutôt aux sujets.

Tous ceux qui, aujourd’hui plus âgés, jettent un regard méprisant ou tout simplement désintéressé sur ces adultes en devenir «qui ont tout et ne font rien» devraient se faire un devoir d’assister à une projection de Secondaire V. Ils y découvriront, oh surprise!, des jeunes allumés, volubiles, baveux, parfois colériques, parfois à fleur de peau... N’était-ce pas ce même florilège d’émotions que nous avons également vécu à cette période de notre vie?

Point de vue unique

Ici, les étudiants du cours de Monde contemporain en viennent presque aux insultes en discutant de la situation palestino-israélienne; là, une jeune fille raconte, les larmes aux yeux et la voix chevrotante, son expérience d’intimidation; là, les élèves se pincent les lèvres en apprenant, en cours d’éthique-sexualité, que l’amour anal et oral peuvent cohabiter. Dans le cours de français, c’est la punk du niveau qui semble être la seule à s’intéresser à une chanson de Brel jouée en classe, qu’elle connaît par cœur... et fredonne!

Et puis le temps des Fêtes est révolu, voici 2012 et le printemps érable se pointe. Les grèves et appels à joindre les manifestations ont également bouleversé la vie des étudiants du secondaire. Ne voulant en faire le point d’ancrage de son film – ce n’est pas un film sur la crise étudiante – le réalisateur s’est contenté de filmer quelques événements-clés ayant eu lieu à l’école même, sans trop s’y verser. Un excellent choix.

Un film à voir, ne serait-ce que pour se refaire une idée de cette jeunesse qu’on ne voit, l’âge aidant, que de plus en plus loin. Certes il s’agit d’un point de vue unique: une école, un groupe de jeunes. Mais force est d’admettre qu’on peut extrapoler facilement à d’autres institutions ce que les quasi-cégépiens (à l’époque) de PGL vivent. Appelons cela, pour les plus vieux, un devoir de mémoire?

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