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Quoi répondre au djihadisme

Comment empêcher que des jeunes Canadiens ne se radicalisent ?

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Il y a six mois, on rapportait la mort en Syrie d’un jeune homme déjà condamné pour avoir participé au recrutement de djihadistes à destination de ce pays. Cette fois-ci, c’est un jeune homme de 22 ans, né en Nouvelle-Écosse, qui aurait été abattu dans des combats près d’Alep après avoir rejoint une branche terroriste proche d’al-Qaida.

Il y a six mois, on rapportait la mort en Syrie d’un jeune homme déjà condamné pour avoir participé au recrutement de djihadistes à destination de ce pays. Cette fois-ci, c’est un jeune homme de 22 ans, né en Nouvelle-Écosse, qui aurait été abattu dans des combats près d’Alep après avoir rejoint une branche terroriste proche d’al-Qaida.

À chaque nouvelle actualité sur le sujet, les mêmes questions reviennent: comment empêcher que des jeunes Canadiens ne se radicalisent et ne rejoignent un conflit avec lequel, a priori, ils n’ont rien à voir? La réponse, croit-on, est entre les mains des policiers et des services de renseignement, qui doivent redoubler d’efforts et de moyens pour augmenter toujours un peu plus la surveillance et la détection des cas de radicalisation au pays.

Resserrer les mailles du filet

Pour certains, le «filet sécuritaire» est la solution miracle aux dangers du terrorisme. Plus le danger est grand, plus il faudrait resserrer les mailles du filet, quitte à ce qu’elles étranglent un peu plus chaque jour nos libertés individuelles. Dans une certaine mesure, la NSA nous a donné un bel exemple de ce à quoi peut conduire l’obsession de la lutte au terrorisme, sans pour autant garantir un résultat réellement efficace.

Et si la solution était aussi ailleurs?

Nul doute qu’il faut des services qui recherchent, détectent et identifient les filières et acteurs de la radicalisation, mais ceux-là ne s’intéressent qu’aux conséquences. Ne faudrait-il pas surtout s’intéresser aux motivations de ces jeunes pour tenter d’éradiquer autant que possible le mal à la racine?

L’extrémisme religieux apparaît trop souvent comme l’unique cause de la radicalisation. Du coup, on évacue un peu trop facilement les raisons qui sont plus difficiles à identifier et combattre, comme le sentiment d’échec ou de rejet ainsi que la recherche, encouragée par des recruteurs, d’une «véritable» identité ou d’un idéal guerrier fantasmé.

Motivations floues

Pour avoir parlé avec des dizaines de jeunes radicalisés, je sais que leurs motivations, aussi floues soient-elles, sont loin d’être uniquement religieuses et qu’eux-mêmes ont bien du mal à identifier réellement ce qui les pousse à revendiquer une identité falsifiée pour aller rejoindre les rangs des martyrs du djihad mondial, au lieu de vivre comme de paisibles citoyens dans un pays démocratique.

C’est là tout l’enjeu de la lutte contre la radicalisation et surtout le recrutement terroriste «qui sont deux phénomènes proches mais distincts» pour les sociétés occidentales qui voient certains de leurs jeunes sombrer en quelques mois dans l’extrémisme, puis le terrorisme. La police ne fait que lutter contre le phénomène sans pouvoir y apporter de solution durable, car les réponses sont avant tout sociétales.

Pour combattre ce fléau, il faut savoir proposer un pacte social juste et équitable dans lequel les plus influençables et les plus faibles peuvent adhérer bien mieux qu’à la vision idéalisée du soldat d’Allah que les prédicateurs radicaux proposent à certains de nos jeunes dans l’unique but de les manipuler.

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