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famille d’accueil

Abandonné par sa famille à 16 mois

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Photo CDM Claude Cormier/L'Écho du Nord-Le Mirabel

Martin (nom fictif) a été placé en famille d’accueil à 16 mois. Aujourd’hui âgé de 19 ans, il se sent parfois seul et ne peut compter sur personne pour surmonter les épreuves liées au passage de la vie adulte. (photo simulation)

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Durant toute son enfance et sa jeunesse, Martin a vécu loin de sa famille naturelle qui l’a placé en famille d’accueil dès ses 16 mois. Le destin lui a fait cadeau d’une famille aimante qui lui a inculqué de belles valeurs jusqu’à son adolescence. Parcours d’un enfant abandonné devenu un adulte déterminé.

« C’est certain que je suis un peu déçu de m’être ramassé en famille d’accueil. À 16 mois, ce n’est pas comme si je l’avais mérité », lance Martin, aujourd’hui âgé de 19 ans.

Jusqu’à ses 15 ans, Martin a habité dans la même famille. « Ce sont eux qui m’ont élevé. J’étais un peu comme leur fils. Après mes 18 ans, je sais que j’aurais pu rester avec eux. »

Cependant, un jour, celui qui jouait le rôle de son père décède. Le coup est dur. Le Centre jeunesse le change de famille.

« J’ai eu l’impression de perdre un père. Pour moi, ces gens-là étaient mes parents. Auprès d’eux, je sentais que j’avais une place. »

Le regard de Martin fixe le vide. Ses yeux se remplissent d’eau et des larmes coulent sur ses joues. Il est mal à l’aise. Il n’a encore jamais pleuré devant quiconque. Ses parents d’accueil lui manquent. Il se sent seul.

« Sur le coup, tu te sens abandonné. »

À la suite du décès de l’homme qu’il percevait comme son père, Martin intègre une nouvelle famille. Le Centre jeunesse s’assure de lui en trouver une à proximité de son école afin de lui permettre de maintenir son réseau social et son implication au sein de l’équipe sportive dont il fait partie.

« Il perdait une famille, mais gardait son école et son investissement sportif. C’est important pour nous de préserver les réseaux des jeunes. On souhaite maximiser leur développement en conservant leurs passions », explique Lysanne Lajeunesse, éducatrice au Programme de Qualification des Jeunes (PQJ) du Centre jeunesse des Laurentides.

Depuis qu’il a 18 ans, Martin n’a plus de famille puisque les services cessent à cet âge. Un suivi est par contre effectué par son intervenante afin d’assurer son intégration dans le monde des adultes. Ce suivi cessera sous peu.

« Sur le coup, tu te sens abandonné. On te dit “Débrouille-toi” », explique l’homme qui doit affronter sa vie d’adulte seul, contrairement à ses amis qui reçoivent le soutien et l’amour de leurs parents.

Martin aurait aimé avoir la chance de grandir avec les membres de sa famille, comme sa grande sœur. « Ma grande sœur a fait un petit bout avec moi dans ma première famille d’accueil. Par la suite, ma grand-mère l’a prise avec elle. Mais moi, elle ne m’a pas pris. J’ai eu des nouvelles de ma “vraie” mère quand j’avais 14 ou 15 ans. C’est tout », laisse tomber le garçon.

Le jeune homme fréquente aujourd’hui le Cégep de Saint-Jérôme où il se démarque au sein d’une équipe sportive. La majorité de ses camarades ignorent son histoire. Ils ne savent pas que derrière sa force de caractère et son sourire se cache un jeune homme triste, sans attache.

Malgré cette solitude qui l’habite, le Centre jeunesse lui a donné la possibilité de rencontrer des gens formidables qui l’ont amené à être la personne qu'il est aujourd’hui. Pour cela, il leur sera toujours reconnaissant.

Dans la région des Laurentides, 248 familles d’accueil ont hébergé 588 enfants dans la dernière année. Les besoins d’hébergements demeurent constants et importants, et c’est pourquoi le Centre jeunesse des Laurentides est à la recherche de nouvelles familles d’accueil, surtout pour l’hébergement des enfants de 0 à 5 ans.

Devenir famille d’accueil

« Il y a autant de situations qu’il y a d’enfants », explique Julien Martin, directeur des services à la clientèle au Centre Jeunesse des Laurentides. À cause de cela, chacune des familles qui souhaitent héberger des enfants chez elle est évaluée afin de favoriser un jumelage efficace selon les besoins de l’enfant.

Dans certains cas, des familles d’accueil hébergeront des enfants dans le but de les adopter, mais généralement, la possibilité que les enfants retournent dans leur milieu de vie naturel est privilégiée. « Les situations peuvent changer. Certains enfants sont demeurés dans leur milieu d’hébergement jusqu’à leur majorité. D’autres ont dû changer de milieu alors que certains sont retournés au sein de leur famille », précise Julien Martin.

Des besoins grandissants

« La première condition pour être famille d’accueil, c’est d’aimer les enfants et de les considérer comme l’un des leurs. Il y a des gens qui se sont investis auprès des enfants et qui ont décidé d’en faire leur occupation principale », indique le directeur des services à la clientèle au Centre Jeunesse des Laurentides.

Les familles d’accueil reçoivent une rémunération basée sur plusieurs critères. De plus, comme les enfants hébergés nécessitent parfois certains soins spécifiques, ils sont priorisés sur les différentes listes d’attente afin de recevoir des services plus rapidement.

Pour connaître les détails sur la façon de devenir famille d’accueil, les gens sont invités à visiter le site web au www.cjlaurentides.qc.ca.


 

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