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La grande beauté

Ode à la paresse et au réveil brutal

La grande beauté
photo courtoisie

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Lauréat d’un Golden Globe (meilleur film étranger), primé aux European Film Awards (meilleur film et meilleur réalisateur), nommé aux Oscars... on peut affirmer sans trop se tromper que la vie n’est effectivement pas trop moche pour le réalisateur italien Paolo Sorrentino (This Must be the Place).

Lauréat d’un Golden Globe (meilleur film étranger), primé aux European Film Awards (meilleur film et meilleur réalisateur), nommé aux Oscars... on peut affirmer sans trop se tromper que la vie n’est effectivement pas trop moche pour le réalisateur italien Paolo Sorrentino (This Must be the Place).

La grande beauté, sixième long-métrage du réalisateur-scénariste, s’inscrit quelque part entre une chronique mondaine, une analyse sociologique, un regard sarcastique sur la société italienne et une carte postale de luxe. Bref, un film aussi beau à voir qu’à entendre... ou lire, si votre italien n’est pas tout à fait à point.

C’est la fête à Rome, du moins pour l’auteur Jep Gamberdella qui célèbre son 65e anniversaire en grande pompe, entouré de rares amis et d’une foule de m’as-tu-vu. Pour Jep, ce n’est toutefois qu’une soirée qui s’inscrit dans la continuité de toutes les autres. N’ayant pondu qu’un seul roman dans sa vie, encensé par la critique, il devient ensuite journaliste et surfe sur sa notoriété pour vivre une existence de nuit festive, mais ô combien vide de sens. À 65 printemps, il décide qu’il n’a plus de temps à accorder «à ce que je n’ai pas envie de faire».

N’ayant déjà pas la langue dans sa poche, il ne se gêne plus du tout pour asséner ça et là des coups de poing verbaux à ses amis et proches, leur livrant ses états d’âme et ses jugements selon son bon vouloir. Jeb les juge, juge la société qu’il se met lentement à détester, et porte encore le poids d’un amour de jeunesse qui a échoué. Écrira-t-il finalement un jour un second bouquin?

Hypocrisie ambiante

C’est Toni Servillo (Un balcon sur la mer, Il Divo) qui interprète Jep, un rôle qu’il habite totalement, et ce, dès le premier coup de caméra. Ce n’est pas pour rien que l’homme a décroché le prix du meilleur acteur aux derniers European Film Awards.

La grande beauté, c’est une remise en question, c’est un jugement sans appel sur la futilité des échanges, sur l’hypocrisie ambiante, sur le mal de vivre qu’on cache avec des paillettes et de faux semblants. C’est une certaine ode à la paresse et au dur réveil qu’elle entraîne. Comment ne pas aimer?

 
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