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Battu chez lui pour une fausse rumeur sur le net

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Un homme attaqué sauvagement à son domicile de Rouyn-Noranda le 18 janvier semble avoir été victime de «justiciers», qui agissaient après qu’une fausse rumeur ait circulé à son sujet sur les médias sociaux. La fausse rumeur qui circulait sur Facebook accusait l’homme de fournir de l’alcool et de la drogue à des adolescents.

Le 2 janvier, un groupe d’adolescents se serait rendu chez Keith Jason Vigneault, sur la rue Taschereau Ouest, avec de l’alcool. Ils se seraient intoxiqués. La mère d’un des adolescents aurait ensuite publié un message sur Facebook dénonçant le fait qu’un homme accueille ainsi des adolescents avec de l’alcool.

Ce message a ensuite été commenté, partagé et déformé, accumulant au passage des accusations de pédophilie et de détournement de mineurs à l’endroit de M. Vigneault.

«Ce n’est pas Keith qui a fourni l’alcool, il ne boit pas. (...) Ça ne paraît pas tout de suite, mais Keith a un âge mental d’environ 14 ans», affirme sa tante, Dianah Jason, qui s’occupe du jeune homme depuis le décès de sa mère.

Selon Mme Jason et sa famille, certains jeunes profitaient du manque de maturité de M. Vigneault pour transformer son logement en maison des jeunes.

L’accusatrice rectifie le tir

Cette version des faits est confirmée par celle qui a publié le message de dénonciation sur Facebook. Elle était présente chez Mme Jason lors de l’entrevue afin d’aider la famille à rectifier les faits.

«Mon fils y est allé avec son propre alcool. (...) Nous, on voulait juste dénoncer le fait qu’il y avait des jeunes qui buvaient là. On ne s’attendait pas à ce que ça prenne des proportions comme ça», affirme celle qui préfère demeurer anonyme.

Cette mère a rencontré M. Vigneault une première fois dès le 2 janvier. Un agent de la Sûreté du Québec les aurait rejoints quelque temps après. Les parties auraient alors mis les choses au clair et M. Vigneault aurait accepté de ne plus recevoir d’adolescents chez lui.

«Nous, on pensait que c’était réglé le 2 janvier!», lance M. Vigneault.

Attaqué chez lui

Or, l’histoire était loin d’être terminée. Le 18 janvier, des hommes dans la vingtaine se seraient présentés chez lui vers 22 h. Dès que M. Vigneault a ouvert la porte, ils l’auraient frappé au visage.

Selon M. Vigneault, dont les blessures sont encore bien apparentes, ses agresseurs lui auraient ensuite asséné plusieurs coups à la tête avant de prendre la fuite. Ils l’auraient également menacé de mort s’il appelait la police. Il est évident, selon lui, que l’attaque est liée à la rumeur qui circulait à son sujet.

«Ils n’ont pas pris d’argent. J’avais plein de choses à la vue de tous. Ils n’ont rien pris», souligne-t-il.

M. Vigneault aurait vu deux agresseurs, qu’il ne connaissait pas. Un voisin affirme toutefois avoir aperçu trois hommes quitter les lieux à ce moment.

Appelée à confirmer les principaux éléments de cette histoire, la SQ a réservé ses commentaires pour plus tard puisque l’enquête est toujours en cours.

 

Aucune rancune envers les accusateurs

Keith Jason Vigneault a vécu un véritable calvaire depuis quelques semaines. Mais la rencontre entre M. Vigneault, sa famille et les personnes qui ont publié le premier message de dénonciation s’est plutôt bien déroulée. Dianah Jason les a accueillis chez elle à bras ouverts.

«On ne peut pas contrôler ce que les gens ont fait. Tout ce qu’on veut, c’est enlever l’étiquette de pédophile qui a été collée au front de Keith», affirme-t-elle.

M. Vigneault doit tout de même vivre avec les séquelles de l’attaque. Il avait rendez-vous chez un médecin le 28 janvier afin de vérifier l’état de son œil, qui saignait toujours au moment de l’entrevue.

 

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