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Arwad

Fanny Malette et Julie McClemens

ART-FILM-ARWAD
photo AGENCE QMI, PASCALE LEVESQUE

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Arwad – ou Arouad – est une île au large de la Syrie. C'est également le très beau premier long-métrage des jeunes réalisateurs Samer Najari et Dominique Chila.

Arwad – ou Arouad – est une île au large de la Syrie. C'est également le très beau premier long-métrage des jeunes réalisateurs Samer Najari et Dominique Chila.

Mettant en vedette Julie McClemens, Fanny Mallette et Ramzi Choukair, Arwad nous fait entrer de plain-pied dans l'univers d'un immigrant syrien intégré dans la société québécoise, mais dont la vie bascule après le décès de sa mère et sa décision de prendre maîtresse.

Comment l'idée du film est-elle née?

Samer Najari : Ça a commencé avec une dame que j'ai connue qui venait de l'île d'Arwad. Lorsqu'elle est décédée, je suis allé à ses funérailles où il y avait elle, ses enfants et ses petits-enfants. Devant moi, trois générations: la première était la mère qui parlait à peine français, puis ses enfants qui s'exprimaient aisément dans les deux langues, et enfin les petits-enfants qui ne parlaient même pas la langue de leur grand-mère. J'y ai mis un peu de mon expérience personnelle. Comme nous [avec Dominique], c'est un couple mixte.

Dominique Chila : C'était voulu de ne pas dépeindre un nouvel arrivant. C'était voulu qu'il soit bien installé, qu'il ait l'air adapté, en accord avec la société d'accueil. Son problème est beaucoup plus profond que ça.

Julie, qu'est-ce qui t'a accrochée dans le scénario ?

Julie McClemens : À la lecture, c'était assez clair que les deux personnages de femmes étaient vraiment beaux. Ce qui m'a touchée le plus, c'était cette histoire de malentendus et de deuil. C'est un film sur les deuils: celui du pays d'origine, des rêves. Autant pour Gabrielle (McClemens) que pour Ali (Ramzi Choukair). L’objectif de trouver une terre d'asile pour être heureux, la trouver, puis se dire qu’on était plus heureux avant… Ça parle de l'insatisfaction et de l'idée qu'on a du bonheur.

Fanny Mallette : Ce qu'on voit chez Ali, c'est l'appel du pays, ce besoin de retourner à la source. C'est ce que beaucoup d'immigrants d'ici me disent. Plusieurs années après leur arrivée, ils retournent dans leur pays et s’y sentent comme des touristes. Cet appel de la mère patrie, ce rêve, ce fantasme de retourner d'où ils viennent s'embrouille en chemin, à cause de la vie qu'ils mènent, qu'ils se refont ici.

Faut-il oser pour s'investir dans un premier long-métrage ?

Fanny Mallette : Je fais beaucoup de premiers longs-métrages, j'aime ça! J'aimais mon personnage qui n'était pas blanc. On s'interroge beaucoup sur ses intentions. Je trouve qu'on ne traite pas beaucoup de ce sujet dans le cinéma d'ici; l'exil, refaire sa vie dans un pays qui n'est pas le nôtre, l'immigration, l'intégration.

On parle de la Syrie, mais l'histoire aurait pu se dérouler n'importe où.

Julie McClemens : Je pense que le film a été écrit bien avant ce qu'on connaît du conflit en Syrie. Ça pourrait se passer n'importe où. Ce qui est merveilleux, c'est que ça nous a donné l’occasion d'aller près de la mer chaude, d'aller dans ces coins-là [la partie syrienne a été tournée en Tunisie]. Ça nous a donné l'occasion d'aller voir un pays magnifique.

 

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