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La fille du Martin

Un deuil à l’eau de rose

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photo courtoisie

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Ce premier long-métrage du jeune acteur (et réalisateur) Samuel Thivierge vise — on l’espère — un public très ciblé: les jeunes ados qui pourront se plaire, ou pas, dans une énième histoire d’amour inattendue sur fond de deuil.

Ce premier long-métrage du jeune acteur (et réalisateur) Samuel Thivierge vise — on l’espère — un public très ciblé: les jeunes ados qui pourront se plaire, ou pas, dans une énième histoire d’amour inattendue sur fond de deuil.

Ici, une jeune fille (Catherine Michaud) se voit forcée de remettre semaine après semaine un rendez-vous de pêche avec son père mourant du cancer. Elle affronte sa mère, propriétaire d’une animalerie pour laquelle elle travaille, afin d’obtenir enfin un congé de fin de semaine pour rejoindre son père, avec qui elle a organisé ce fameux week-end au Lac St-Jean. Mais sa mère, en manque d’effectifs pour ce magasin où on ne voit jamais vraiment de clients, a besoin d’elle. Une joute verbale s’ensuit, elle partira cette fin de semaine, que sa mère-employeur soit d’accord ou non. Un coup de téléphone plus tard, le drame, le père est décédé. Affrontement dans l’arrière-boutique du magasin, la fille partira quand même pour vivre seule ce voyage qui se voulait une rencontre avec un père qu’elle ne voyait guère. Elle laisse derrière elle un amoureux, qui désire plus sa présence qu’elle, la sienne.

Amour naissant

Une fois rendue au chalet – celui du lac Martin – elle nouera des liens avec le beau gosse des lieux – campé par Samuel Thivierge – le fils rebelle du propriétaire de l’endroit, un jeune homme qu’elle déteste depuis l’enfance. Bien sûr, il réussira à la conquérir, et le reste de l’histoire est à l’avenant. Disons en toute franchise que la thématique du deuil disparaît rapidement pour laisser la place aux sentiments à l’eau de rose d’un amour naissant que personne n’a vu venir.

On apprécie l’effort d’un jeune réalisateur qui ose s’investir et filmer son propre scénario, ce n’est pas rien! Par contre, que voulait-il vraiment apporter à l’autel du cinéma avec ceci? Des dialogues cousus de fil blanc, une musique sirupeuse omniprésente qui vient alourdir certains moments et en défaire d’autres, des personnages à côté, qui donnent au film un côté loufoque, mais disparate (la cliente offusquée à l’animalerie, le couple de vieux pêcheurs irascibles, puis conquis, au lac), des interprétations à degrés variables (le couple principal se défend à peine, le père du fils rebelle qui récite ses lignes, etc.).

Voilà un objet dont on ne sait que faire. Difficile de s’y intéresser, on aura vu ce type de scénario un milliard de fois. Encore une fois, il faut saluer l’audace de tout créateur-trice qui ose se lancer dans l’aventure. On pourrait parler ici, alors, d’un film d’introduction qui sera peut-être, on lui souhaite, une pierre d’assise sur laquelle il s’appuiera pour nous pondre quelque chose de plus raffiné?

  • La fille du Martin (2/5)

Film de Samuel Thivierge. Avec Catherine Michaud, Samuel Thivierge et Nathalie Cavezzali.

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