/news/currentevents
Navigation
Joliette

18 mois de prison pour un accident de motoneige alors que sa fille ne portait pas de casque

Mark Chevalier
Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

L’«inconscience» et l’«irrespon-sabilité» d’un père qui a attendu15 heures avant de conduire sa fille de neuf ans à l’hôpital après un accident de motoneige lui ont valu une peine de 18 mois de prison hier.

Le juge Maurice Parent a été dur à l’endroit de l’homme accusé de négligence criminelle et conduite dangereuse ayant causé des lésions à son enfant et un ami.

«On n’a pas affaire à un homme criminalisé, mais plutôt un homme avec une attitude irresponsable», a-t-il dit au moment de donner la sentence au palais de justice de Joliette.

L’événement remonte au 3 janvier 2011, lors d’un séjour dans un chalet à Mascouche avec des amis. Il a amené sa fille de neuf ans faire une randonnée de motoneige à 2h du matin. Il avait consommé de la bière et du vin.

Il roulait vite. «Trop vite», a dit la fillette aux policiers. Personne ne portait pas de casque. L’homme de 40 ans a ensuite percuté de plein fouet la motoneige d’un ami. La fillette qu’on ne peut identifier a été catapultée de l’engin et a atterri sur la glace. Elle saignait du nez et était incapable de se relever. L’ami de l’accusé a aussi été blessé.

De retour au chalet, la jeune avait le visage enflé et demandait à être soignée. Elle a même vomi du sang. Malgré ses demandes répétées d’être conduite à l’hôpital, le père refusait. Les gens qui les accompagnaient insistaient aussi. Le père résistait. Ce n’est que 15 heures plus tard qu’il a changé d’idée, à la demande de sa deuxième fille, a-t-on appris au tribunal.

Nombreux mensonges

Sur le coup, le père a tenté de minimiser l’ampleur des événements. Il a expliqué à la mère de sa fille qu’elle était tombée sur la glace. Il a dit la vérité seulement lorsque l’enfant a insisté pour raconter ce qui s’était véritablement passé, a noté le juge.

Mais l’homme a continué à mentir en prétendant que c’est la jeune qui a refusé de mettre un casque. Et trois ans après le drame, l’accusé ne semble toujours pas réaliser sa responsabilité, déplore le juge Parent.

«Il continue de dire qu’il a été impliqué dans un accident plutôt que dans une succession d’actions négligentes», a-t-il dit.

Le père qui n’occupe pas d’emploi stable se dépeint même en victime. Le juge a aussi retenu comme facteurs aggravants les séquelles physiques et neurologiques que l’enfant subit encore.

Importantes séquelles

L’enfant avait en effet été hospitalisée 12 jours et eu une intervention chirurgicale en neurologie. Réadaptation physique, difficultés d’apprentissage, cicatrices. Les conséquences de la «témérité» de son père sont graves dans la vie de la jeune victime, a dit sa mère hier à la sortie de la salle d’audience.

«Elle a de la misère à lire, à apprendre à l’école», déplore la jeune femme, qui se dit satisfaite de la sentence de son ex-conjoint.

Depuis son opération, l’enfant arbore une «grosse cicatrice visible» sur la tête. Elle s’est aussi faite installer une plaque de métal dans le front.

«C’est tellement irresponsable ce qu’il a fait. Ce qui m’a fâché le plus, c’est qu’il ait attendu 15 heures avant d’intervenir. Ça aurait pu être plus dramatique s’il avait encore attendu...», a dit la mère.

Il est interdit à l’homme de contacter ses deux enfants sauf lors de visites supervisées. Son permis de conduire a aussi été suspendu.

 

Sur le même sujet
Commentaires
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.