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Moins de pauvres, de criminels et de décrocheurs

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Dans son étude sur la productivité québécoise et le coût des programmes sociaux telle que rapportée dans le Journal de Montréal, un chercheur des HEC évoque une augmentation de 60 % du coût des services sociaux de 1989 à 2009.

Dans son étude sur la productivité québécoise et le coût des programmes sociaux telle que rapportée dans le Journal de Montréal, un chercheur des HEC évoque une augmentation de 60 % du coût des services sociaux de 1989 à 2009.

Il y inclut les dépenses liées aux services de garde éducatifs à 7 $.

Or, les études de Fortin, Godbout et De Cerny sur le sujet montrent clairement que ce programme s’autofinance et, même plus, qu’il rapporte des gains annuels pour le Québec et le Canada via les impôts, taxes et réduction des charges de l’assurance-emploi et de l’aide sociale pour des milliers de femmes (73 000) qui autrement ne seraient pas sur le marché de l’emploi.

C’est donc un coût qui engendre des revenus et on appelle cela un investissement.

Par ailleurs, avec 47 % de son PIB investi dans les dépenses publiques, le Québec se retrouve en compagnie notamment de la Suède et du Danemark. Les études de l’OCDE démontrent qu’il y a une corrélation très forte entre ce type d’investissement et la diminution de la pauvreté ce qui n’est pas le cas pour la diminution du chômage.

Obama l’a bien souligné dans son discours à la nation: il y a des millions d’Américains pauvres et qui travaillent plein temps avec un salaire minimum indécent.

Le taux de chômage aux É.-U. est plus bas que le nôtre, mais la misère beaucoup plus importante avec ce que cela entraîne de coûts de santé et de protection contre le crime.

Obama en appelait à une hausse du salaire minimum et à une réduction des inégalités. C’est ce que le Québec fait depuis des années.

RÉSULTATS POSITIFS

Résultats? Le pourcentage de femmes monoparentales inscrites à l’aide sociale a chuté de 60 % au Québec entre 1991 et 2011 malgré une augmentation du nombre de familles monoparentales de 38 %. Le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans vivant sous le seuil de pauvreté a diminué lui de 65 % entre 2000 et 2010.

En plus, l’écart entre les moins et les plus fortunés, même s’il s’élargit, augmente moins rapidement et demeure plus petit que partout en Amérique du Nord ce qui favorise la cohésion sociale et la sécurité des personnes.

Ainsi, le taux de victimes d’agression violentes est de 98/1000 contre 118/1000 au Canada et 135/1000 dans la très productive Alberta.

Par ailleurs, le taux de décrochage scolaire entre 2000

et 2009 est passé de 24,5 % à 21,3 % et nos jeunes continuent de figurer parmi les premières places aux épreuves internationales.

LA FACE CACHÉE

L’étude des HEC ne tient pas compte de ce genre de résultats et conclut que le Québec est moins productif.

Oui, le Québec est moins productif: il produit moins de pauvres que partout ailleurs au Canada, moins de clients à l’aide sociale, moins de criminels violents et de moins en moins de décrocheurs.

 
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