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Drame

Des cibles humaines

FD-VOL-MORT-LONGUEUIL
photo marie-pier gagné Les premiers soins ont été prodigués sur les lieux du drame à l’individu qui a toutefois rendu l’âme à l’hôpital.

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Le drame de Longueuil met en évidence la pression qui s’exerce sur les épaules des convoyeurs. Certains se sont confiés au Journal de Montréal.

Le drame de Longueuil met en évidence la pression qui s’exerce sur les épaules des convoyeurs. Certains se sont confiés au Journal de Montréal.

«Chaque fois qu’on sort du garage, on est exposé», indique Loïc Blanchard.

Le convoyeur de fonds s’estime chanceux. En 17 ans de métier, il n’a jamais eu à affronter une véritable attaque. Il explique que pour limiter les altercations, il reste constamment sur ses gardes. Une méthode de travail que partagent la plupart de ses collègues.

«Lorsqu’un convoyeur sort de la banque, il sait exactement combien il transporte. C’est là que son niveau de stress est à son maximum», indique un autre convoyeur qui a voulu conserver l’anonymat.

Au moindre geste suspect, l’agent se met en état d’alerte. «La tension monte très vite. On devient presque paranoïaque», dit-il.

L’ancien convoyeur se souvient d’avoir eu une altercation avec quatre jeunes qui refusaient de laisser de la place pour que le véhicule accède à la banque. Lorsque l’un d’entre eux s’est penché pour attraper une pierre, il a directement saisi son arme.

La tension est finalement retombée lorsque les jeunes, en comprenant l’ampleur de la situation, se sont calmés.

«Le problème, c’est qu’on nous confond souvent avec les forces de l’ordre. C’est l’uniforme et l’arme qui donnent cette impression, ajoute cet agent. Mais c’est difficile de savoir à quel moment ce sont des gens qui veulent tester l’autorité et à quel moment c’est vraiment problématique.»

Même de simples passants peuvent les mettre en danger. «Il y a des gens qui veulent seulement discuter. Mais ils ne se rendent pas compte qu’on tient une enveloppe avec de l’argent, ajoute-t-il. Ils nous distraient et se mettent eux-mêmes en danger en devenant des cibles potentielles.»

Au cours de sa carrière en tant que convoyeur, le jeune homme s’est retrouvé au moins une fois par an dans une situation de stress intense. Il a dû suivre des cours pour apprendre à bien gérer son anxiété.

Mieux préparer les équipes

Près de 23 vols ont été commis contre des convoyeurs de fonds entre 1998 et 2011 au Québec, selon le Syndicat national des convoyeurs de fonds. Ce nombre aurait augmenté à la fin des années 1990 lorsque les équipes sont passées de trois à deux agents par camion.

«C’est une des principales revendications du syndicat, indique Angélique Paquette, la présidente. Nous souhaitons voir passer le nombre d’agents à trois pour un même trajet. La troisième personne peut ainsi faire de la surveillance à l’extérieur pendant que ses deux collègues vont chercher l’argent à l’intérieur.»

 

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