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Les Québécois moins forts en sciences

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Photo Archives/Agence QMI

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Alors que les Québécois se félicitaient d’avoir des jeunes forts en mathématiques il y a à peine un mois, la faible performance de ces derniers en sciences est passée sous silence, déplorent plusieurs intervenants du milieu.

C’est ce qui ressort du dévoilement en décembre dernier des résultats de la plus récente étude PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), une situation qui inquiète l’enseignant de quatrième secondaire en sciences et technologie, René Nault.

«On se pétait les bretelles avec notre performance en mathématiques, mais personne n’a parlé que depuis 2006, on remarque une lourde tendance à la baisse en sciences», a-t-il indiqué.

Depuis 2006, le positionnement des élèves québécois en sciences a dégringolé passant de la 10e à la 14e position en 2009 pour finalement aboutir à la 24e place en 2012.

Cette étude, réalisée sur un intervalle de trois ans, compare la performance des élèves des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) en mathématiques, lecture et sciences.

Réforme scolaire

La réforme scolaire, mise en place au tournant des années 2000, pourrait être à la source de cette baisse, croit M. Nault.

Selon lui, le rapatriement de tous les cours de science, comme la biologie ou la physique, en un seul et même cours aurait pour conséquence de ne proposer qu’un survol des sujets sans jamais les traiter en profondeur. Une situation aggravée par l’augmentation de la charge de travail des enseignants, affirme-t-il.

«On a diminué de niveau, nous sommes passés de spécialistes à généralistes et nous avons le double de tâches», a affirmé René Nault, anciennement enseignant en sciences physique.

Le professeur à l’Université Laval Simon Larose, qui se penche sur les effets de la réforme sur les élèves, a lui aussi constaté les mêmes résultats inquiétants.

«Il y a eu un grand manque de vision dans l’implantation de cette réforme, même pour les enseignants. Parler de biologie ou de chimie, c’est un défi immense pour un enseignant spécialisé en science physique, par exemple», avance-t-il.

Ses recherches démontrent un mécontentement tant chez les parents que chez les élèves.

«On a noté un déclin de diplomation chez les jeunes, on ne sait pas si c’est dû au contenu, à l’implantation ou à la politique», s’interroge M. Larose.

Les sciences, métiers de l’avenir

Sources de métiers prometteurs, les sciences présentent des débouchés intéressants, d’où l’inquiétude suscitée par les mauvais résultats obtenus par les élèves québécois dans ces disciplines.

Selon une enquête de Jobboom, Bilan des perspectives du marché du travail 2014, le tiers de la main-d’œuvre dans le domaine de l’aérospatiale devra être remplacé dans les années à venir.

«Comme 30 % de la main-d'œuvre québécoise du secteur aérospatial partira à la retraite d'ici les 15 prochaines années, ces perspectives favorables s'annoncent durables», explique le bilan.
 
Pour l’enseignant en quatrième secondaire en sciences et technologie à l’école Joseph-François-Perrault, René Nault, les sciences sont primordiales au développement du pays.
 
«Nous savons tous que les sociétés se basent sur la recherche et le développement, c’est donc essentiel de bien former nos jeunes», explique-t-il.
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