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L’euthanasie : légale mais toujours immorale

Bloc Brassard

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Dans quelques jours, l’Assemblée nationale franchira la dernière étape menant à l’adoption du projet de loi légalisant l’euthanasie sous l’appellation fallacieuse de «mourir dans la dignité». L’adoption est déjà assurée. Rectitude politique oblige! C’est une loi d’une terrible portée.

Dans quelques jours, l’Assemblée nationale franchira la dernière étape menant à l’adoption du projet de loi légalisant l’euthanasie sous l’appellation fallacieuse de «mourir dans la dignité». L’adoption est déjà assurée. Rectitude politique oblige! C’est une loi d’une terrible portée.

Je persiste à dire malgré tout que l’euthanasie, mort provoquée d’un malade en fin de vie, va à l’encontre de la loi naturelle dont font partie le droit à la vie, le droit au respect de sa propre vie, qui est le fondement de tous les droits. Comme l’écrit Patrick Dionne dans la revue Égards, «il n’est pas nécessaire de croire que la loi naturelle vient de Dieu pour en admettre le bien-fondé».

LA DIGNITÉ HUMAINE

Je persiste à dire que la dignité humaine n’est pas diminuée par la maladie, la démence, la dépression. Elle est pleine et entière en toutes circonstances du début à la fin de la vie. «J’en suis venu à la conviction profonde, écrit le Dr François Comeau, géronto-psychiatre, que le respect est dû à toute personne, parce que chacune porte en elle-même, et d’une façon indélébile qu’aucune maladie ne peut entamer, sa dignité propre.»

Je persiste à dire que la mort provoquée, l’euthanasie, n’est pas plus digne que le suicide d’un jeune ou que n’importe quel homicide.

Je persiste à dire, avec le Dr Comeau, que l’euthanasie n’est d’aucune façon une réponse digne aux patients déprimés et démoralisés, pas plus qu’à ceux qui sont affligés par la douleur ou en «détresse existentielle».

Je persiste à dire qu’éliminer celui qui souffre, même s’il le demande, n’est pas faire preuve de compassion. La réponse appropriée à la détresse des malades, c’est bien connu, se trouve dans un accompagnement à la fois physique, psychologique, moral et, dans bien des cas, spirituel.

Je persiste à dire qu’on ne peut pas vraiment parler d’un «consentement libre et éclairé» quand il s’agit de personnes malades, souffrantes, vieillissantes, souvent désespérées et abandonnées. Elles n’ont pas besoin d’une injection létale, mais de soins attentifs puisqu’elles sont toutes égales en dignité.

C’est ce qu’on trouve dans les maisons communautaires de fin de vie dont il faudrait étendre le réseau à travers le Québec en évitant soigneusement d’en faire un réseau étatique.

Je persiste à dire que l’euthanasie vient pervertir la mission première du médecin, je dirais même la vocation, qui consiste, depuis Hippocrate, à soigner et à guérir, en y ajoutant le pouvoir légal de donner la mort. Ce droit de tuer va dénaturer profondément la relation entre le médecin et son patient.

IMMORALE

Je persiste à dire que ce n’est pas parce qu’une majorité parlementaire, même soutenue par une partie notable de la population, décide d’autoriser l’euthanasie par une loi que cette façon de donner la mort est morale. Si la peine de mort est immorale, l’euthanasie l’est encore davantage puisqu’elle concerne des personnes innocentes.

Je persiste à dire que, dans les quelques États où l’euthanasie est légalisée, on y observe de regrettables dérives.

Et je persiste à dire qu’en matière de droits humains, l’euthanasie est une déplorable régression.

 

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