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Obliger les patrons à contribuer aux régimes de retraite publics

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C’est au Canada que les entreprises cotisent le moins. Selon la Régie des rentes du Québec, de tous les pays de l’OCDE, c’est le Canada où les employeurs cotisent le moins aux régimes publics (Les Affaires, 13 avril 2013).

C’est au Canada que les entreprises cotisent le moins. Selon la Régie des rentes du Québec, de tous les pays de l’OCDE, c’est le Canada où les employeurs cotisent le moins aux régimes publics (Les Affaires, 13 avril 2013).

La proportion du salaire versée dans les régimes publics est de 24% au Royaume-Uni, 20% en Allemagne, 12,4% aux États-Unis et d’un gros 9,9% au Canada. Me semble que ça devrait guider nos élus quant à la solution à adopter pour financer adéquatement les pensions publiques. Mais, qu’à cela ne tienne: «Les patrons ne veulent pas renflouer les coffres des régimes des pensions gouvernementales» (16 décembre 2013). Selon le président du Conseil du patronat, «il n’existe pas de problème généralisé de baisse du niveau de vie à la retraite». Affirmation évidemment fausse. Même que cet organisme patronal a poussé la dérision jusqu’à financer un sondage-bidon qui conclut que les travailleurs ne veulent pas d’une cotisation accrue de l’employeur aux régimes publics. Ayoye!

LES EMPLOYEURS RICHES COMME CRÉSUS

Le 18 novembre 2009, un article rapportait: «Moins endettées, les coffres pleins, les entreprises canadiennes sortent de la récession en pleine forme. En fait, leur santé financière n’a jamais été aussi bonne depuis 40 ans», a constaté Statistique Canada. Depuis 2009, leurs profits et les records boursiers ont détoné. Tellement que, en 2012, Statistique Canada mentionnait que les liquidités des 150 plus grandes entreprises du pays atteignaient 575 milliards $. Insolent.

Et Stephen Harper qui s’oppose, malgré l’unanimité des provinces, à hausser la cotisation patronale aux régimes publics: «Les ministres des provinces se disent outragés» (17 décembre 2013). Même si le salaire des travailleurs stagne depuis 30 ans et que les bénéfices des entreprises explosent, le gouverneur de la Banque du Canada suggère: «Les riches sociétés d’État doivent donner (le magot de 575 milliards $) à leurs actionnaires» (23 août 2012). Faut surtout pas en donner plus aux employés ordinaires, même si leurs salaires végètent et que les élus ont malgré tout taxé davantage afin de détaxer les compagnies et les nantis.

REPORT DE L’ÂGE

Comme si ce n’était pas assez insoutenable, Harper a reporté l’âge auquel les gens modestes auront droit aux petites pensions publiques de 65 ans à 67 ans. Entretemps, l’OCDE nous dit que «la pauvreté augmente chez les aînés canadiens» (27 novembre 2013) et que «des revenus insuffisants forcent le retour au travail d’un retraité sur deux» (14 janvier 2014). Ça fait que: «La course aux McJobs. Les jeunes subissent la concurrence de leurs aînés dans la quête d’un emploi» (7 septembre 2013). Et que dire du titre de cet article: «Les retraités québécois au seuil de la pauvreté». Quant aux jeunes, leurs conditions d’emploi se dégradent malgré la scolarisation (5 juillet 2013). Ça doit être la faute aux baby-boomers et aux syndicats?

La farce grotesque a assez duré. Faut obliger, malgré les menaces coutumières, les entreprises à cotiser davantage aux régimes publics, comme dans tous les pays de l’OCDE. Déjà que le Canada et le Québec sont un paradis fiscal pour les compagnies, selon KPMG.

 

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