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SAAQ | Indemnisation

Une mère monoparentale se bat pour obtenir une indemnisation de la SAAQ

Nadia Grenier se demande comment elle survivra jusqu’à l’audition de sa cause

Nadia Grenier
Photo le Journal de Québec, Stevens Leblanc Nadia Grenier mène un combat contre la SAAQ, mais les délais légaux pourraient avoir raison de ses ressources.

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Avec moins de 500 dollars par mois, une mère de famille de Lévis ne sait plus comment elle pourra survivre avec son fils de 10 ans jusqu’à l’audition de sa cause contre la SAAQ, qui aura lieu dans plusieurs mois.

Nadia Grenier crie à l’aide. À la suite d’un accident de la route en octobre 2011, la conductrice mène un combat interminable contre la SAAQ et le litige aura peut-être raison de sa patience et de ses ressources. Une bataille d’experts est prévue devant les tribunaux pour régler son dossier devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ).

En désaccord

«J’ai reçu une indemnisation jusqu’en mai 2012. À ce moment, leur expert a dit que j’étais 100 % parfaite et que je pouvais retourner travailler 45 heures par semaine dans mon domaine.»

Son équipe médicale n’est pas du même avis. Son état physique et mental semble très précaire. Un spécialiste a déclaré qu’elle était invalide. Son travail avec des élèves handicapés n’est plus possible, dit-elle.

«Je ne serai pas vue au TAQ avant la fin de l’été 2014 et je ne sais pas comment je vais faire pour me rendre. Le système nous étouffe. On peut cogner à des portes, mais parfois il n’y a plus de solution.»

Avec ses difficultés financières, elle craint que la DPJ lui retire éventuellement la garde de son enfant. À bout de nerfs, Nadia repousse ses idées noires et vend la plupart de ses biens pour assurer un minimum de bien-être à Félix. «Je n’ai plus rien. Je n’ai pas pu lui acheter des souliers pour l’école.»

Tous les mois, le chèque d’aide sociale est de 445 dollars parce qu’elle reçoit un montant d’une pension alimentaire. Elle n’a plus le téléphone.

Si le TAQ lui donne raison, elle pourrait recevoir un bon montant, mais pas avant l’automne 2014. Le délai moyen devant la section des affaires sociales est 23,2 mois selon le plus récent rapport publié à l’automne 2013. La SAAQ ne commente pas les litiges devant le tribunal.

Gagner la bataille

Me Marc Bellemare a accepté le mandat pro bono. Il considère que les chances sont excellentes de l’emporter contre le gouvernement. L’avocat ne peut toutefois pas aller plus rapidement que l’agenda juridique.

«Les délais devant le TAQ s’allongent constamment depuis trois ou quatre ans. Les juges qui partent ne sont pas remplacés et les victimes sont obligées d’attendre. À Québec, les délais sont rendus à 24 mois. Même s’il s’agit d’un excellent tribunal, la situation se détériore», explique l’ancien ministre de la Justice.

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