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Conte d’hiver

Colin Farrell, un grand romantique

Un conte d'hiver
Courtoisie

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NEW YORK | À 37 ans, Colin Farrell a perdu l’arrogance de la jeunesse. Et il est à l’aise avec lui-même.

NEW YORK | À 37 ans, Colin Farrell a perdu l’arrogance de la jeunesse. Et il est à l’aise avec lui-même.

«Je crois que, désormais, cela ne me dérange plus que la vie soit définie plus par du mystère que par des certitudes. Ce sont les certitudes qui m’ont fait avoir des ennuis. Plus je vieillis, plus je réalise que c’est normal de savoir de moins en moins de choses», a indiqué l’ancien mauvais garçon irlandais.

Cette fascination du mystère est la raison pour laquelle Colin Farrell a souhaité prendre le risque d’incarner le personnage principal de Conte d’hiver, film d’Akiva Goldsman. Le long-métrage pourrait se révéler être sujet à controverse, le réalisateur indiquant qu’il s’agit d’un conte de fées pour adultes, l’acteur interprétant un orphelin devenant cambrioleur à New York, en 1916.

Réalisme magique

Après une histoire d’amour avec une femme malade (Jessica Brown Findlay) et une bagarre avec un agent du diable (Russell Crowe), le personnage de Colin Farrell se retrouve à New York en 2014, sans avoir pris une ride. Et on y voit un cheval blanc qui agit comme esprit… et c’est Will Smith qui tient le rôle du diable!

Avec son réalisme magique, Conte d’hiver est assuré de susciter des réactions mitigées, ce que Colin Farrell admet lors de cette interview réalisée dans un hôtel de SoHo. «Oh que oui!», a-t-il dit du fossé qui va séparer ceux qui vont adorer le film de ceux qui vont le détester.

«Je crois que le film va être trop pour pas mal de monde. Je ne vais pas me battre contre les critiques cyniques. C’est sûr que de me voir sur un cheval blanc, voler au-dessus de Columbus Circle en 2014 va être trop pour certains.»

«Ce qui est beau du scénario et ce qui est beau de la manière dont nous avons tourné est qu’Akiva ne s’est jamais excusé de la manière dont il s’est attaché à montrer cet amour sous sa forme la plus pure et la plus douce. L’histoire se déroule dans un monde mythique. Ça oblige le spectateur à croire que cet univers est partout autour de nous. Simplement en changeant un petit peu de perspective, on peut sentir la présence de la magie et du monde des esprits, même si on ne les voit pas avec nos yeux humains. Mais je n’ai aucun doute que le film va polariser le public. J’espère juste que la majorité des cinéphiles aimera.»

Le paradoxe est que Conte d’hiver sort après des années de films de super héros qui se sont révélés être des succès au box-office. Pourtant, l’histoire de Conte d’hiver sera plus difficile à accepter, particulièrement parce que le personnage principal, Peter Lake, n’est pas un héros.

«Ce n’est pas un truc de bande dessinée. Le but n’a jamais été d’avoir des boîtes à lunch avec un cheval volant dessus­­», a indiqué Colin Farrell. En fait, le cheval volant est une métaphore. «Peut-être que le cheval volant n’est pas réel, mais l’amour est, au fond, la même sensation que lorsqu’on vole.»

Choix excentriques

Le fait de jouer le personnage de Peter­­ Lake est une autre indication de l’excentricité des choix de carrière de Colin Farrell. Il n’a pas peur de s’atteler à des personnages naïfs et pourtant imparfaits. Avant Conte d’hiver, il a joué un alcoolique qui, malgré l’amour qu’il porte à sa fille dans Sauvons M. Banks, l’a trahi. Ensuite, on le verra dans Miss Julie, film de Liv Ullmann­­ inspiré par August Strindberg qui se déroule en 1890.

De fait, la spécialité de Colin Farrell semble désormais de jouer des personnages qui possèdent une innocence éclairée parce qu’ils peuvent mal se comporter tout en montrant des sentiments purs, comme de l’amour inconditionnel.

«Je n’y pense jamais en tant qu’acteur. Mais je regarde ma vie en tant que père, ami et homme. Je suis ébahi par la vie. J’aime à penser que je possède toujours une certaine innocence malgré tout ce que j’ai vécu et fait.»

Il admet que c’est sous l’œil du public qu’il est sorti avec une ribambelle de femmes et qu’il a abusé de la drogue et de l’alcool. «Ça reste. Ça reste. Mais je l’accepte parce que je m’en suis super bien sorti.»

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