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Services sociaux

Son suicide met sa famille en colère contre le système de santé

Martin Langlais
Photo courtoisie Martin Langlais et son neveu, le 1er janvier dernier, un mois presque jour pour jour avant qu’il ne s’enlève la vie.

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Un toxicomane atteint de maladies mentales s’est enlevé la vie trois jours après avoir reçu son congé de l’hôpital. Frustrée, sa famille croit qu’il n’a jamais reçu les soins adéquats et part en croisade contre le système.

Un toxicomane atteint de maladies mentales s’est enlevé la vie trois jours après avoir reçu son congé de l’hôpital. Frustrée, sa famille croit qu’il n’a jamais reçu les soins adéquats et part en croisade contre le système.

Avant de se pendre dans une chambre d’hôtel de Longueuil le 3 février, l’homme de 45 ans et sa famille ont tenté au moins trois fois d’aller chercher de l’aide dans des hôpitaux de Montréal et de la Rive-Sud.

Chaque fois, Martin Langlais se serait fait montrer la porte. Jamais on ne lui aurait offert de suivi psychiatrique, jure sa belle-sœur, Carolyne Belso. Elle n’en revient pas que le système de santé ne soit pas conçu pour aider des personnes atteintes à la fois de maladie mentale et de toxicomanie. «Et là, je remets en question la motivation des médecins dans les urgences: est-ce que c’est de traiter ou de vider la salle?» demande-t-elle.

Plainte

Carolyne Belso est tellement fâchée qu’elle va déposer une plainte contre l’Hôpital Charles-LeMoyne, le dernier endroit où Martin Langlais a été admis à l’urgence. Des policiers l’y avaient emmené fin janvier parce qu’il avait des idées suicidaires, mais il aurait eu son congé en l’espace de quelques heures seulement. «Il a menti et dit qu’il allait bien», a appris Mme Belso.

Selon elle, si le personnel avait investigué et vu une fois pour toutes l’ampleur de la détresse de son beau-frère, il serait peut-être encore en vie aujourd’hui.

Elle songe même à déposer des plaintes contre les autres hôpitaux où Martin «a été viré de bord».

D’ailleurs, dans une lettre envoyée au Journal, elle dit trouver «aberrant qu’un patient puisse être renvoyé simplement parce qu’il ne se comporte pas en malade ou qu’on refuse de s’interroger lorsqu’un patient nie avoir des besoins».

Il y a 10 ans, Martin Langlais s’était rendu de son propre chef au pavillon psychiatrique de l’Hôpital du Sacré-Cœur pour soigner son cruel mal de vivre qu’il traînait depuis Chibougamau. «Il s’est fait dire qu’ils ne pouvaient pas réellement le prendre au sérieux puisqu’il n’avait pas fait de tentative de suicide», raconte Mme Belso.

En septembre 2013, alors qu’elle l’hébergeait, il s’est ouvert les veines dans sa salle de bains. Elle a cru qu’il aurait finalement droit aux soins dont il avait besoin.

«Malheureusement, on lui a donné son congé en 24 h parce qu’il disait être content d’avoir survécu», dit-elle.

Bémol

Sans remettre en question la version de la famille, Pierre Lalonde, psychiatre traitant à l’Hôpital Louis-H. Lafontaine, met un bémol.

«Il y a bien des choses autour de cela. L’offre de traitements a-t-elle été refusée? Le désir de consommation était-il plus élevé que le désir de soins?» demande-t-il.

Le médecin assure qu’en aucun cas les psychiatres n’attendent que quelqu’un porte atteinte à sa vie pour donner un suivi. Il ajoute toutefois que les psychiatres ne sont pas des «devins». «Il est parfois difficile d’évaluer l’ampleur des idées suicidaires de certains patients.»

 
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