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Gigantisme

Vincent, le gentil géant

VINCENT CHAMPAGNE
L'Écho de Shawinigan Notre journaliste, Stéphanie Lavoie, mesurant six pieds en compagnie de Vincent Champagne, atteint de la maladie de gigantisme, mesurant sept pieds et un pouce.

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Médicalement, Vincent Champagne est considéré comme un géant. Âgé de 24 ans, le jeune homme mesure sept pieds et un pouce et il chausse des 18. Il est atteint de gigantisme. De ses six frères et sœurs, il n’y en a qu’un seul qui se retrouve sous les six pieds, mais pour Vincent, il doit sa taille à une acromégalie.

Médicalement, Vincent Champagne est considéré comme un géant. Âgé de 24 ans, le jeune homme mesure sept pieds et un pouce et il chausse des 18. Il est atteint de gigantisme. De ses six frères et sœurs, il n’y en a qu’un seul qui se retrouve sous les six pieds, mais pour Vincent, il doit sa taille à une acromégalie.

«L’acromégalie est une tumeur hypophysaire bénigne qui est reliée à l’hypophyse et qui stimule les hormones de croissance. Pour moi, elle avait la grosseur d’une balle de golf. J’ai appris son existence à 19 ans. Un mois plus tard, je me la faisais retirer. Je mesurais alors six pieds et neuf pouces et je pesais 190 livres.»

Le Shawiniganais ne s’attendait pas à une telle nouvelle. «Nous avons été un peu surpris. Mes parents sont grands alors pour nous ce n’était pas extraordinaire que je sois de cette grandeur. Heureusement, j’ai été pris à temps et je suis en bonne santé. Cependant, je dois recevoir une dose intramusculaire de médicaments tous les mois pour assurer l’arrêt de ma croissance.»

Apport calorique

Pour sa santé, le joueur de basketball pour l’Université du Québec à Montréal (UQAM) doit avaler 4000 calories par jour. «C’est une nutritionniste qui m’a expliqué que mon métabolisme de base doit avoir un apport quotidien de 2000 calories. Ce qui équivaut à une personne active de grandeur normale. Pour être actif, je dois donc doubler ce chiffre. Je suis toujours en train de manger et pourtant, j’ai de la difficulté à prendre du poids.»

Adapter sa vie

Le jeune homme a du faire quelques changements afin d’améliorer sa qualité de vie. «Rien n’est adapté à ma grandeur. Il m’est impossible de dormir dans un lit de grandeur normale. J’ai dû fait faire un matelas sur mesure ayant sept pieds et deux pouces de long, alors je n’aime pas découcher. Il faut aussi penser à tout le reste! Les voitures, les bancs d’école, les cadres de porte, je dois constamment m’adapter pour ne pas me frapper la tête par exemple.»

Également, la mère monoparentale de six pieds et deux pouces a dû se procurer un ensemble de salle à manger de style bistro pour accommoder sa famille. «Quand je tombe sur un morceau de vêtement plus grand, il est certain que je l’achète! Je magasine aussi sur Internet, surtout pour les chaussures.»

Vincent n’aime pas magasiner. Pourtant, s’il veut des vêtements à sa taille, il doit faire un minimum de recherche. «Ce n’est pas évident. Souvent, les vêtements sont fait pour les grands et gros. Moi, je suis grand et mince, j’avoue ne pas trop aimer toujours porter des chandails six fois X-Large. Il est difficile de m’habiller comme je le voudrais.»

Avantage... Social

Même si sa taille lui offre plusieurs contraintes, l’universitaire considère son gigantisme comme un statut social. «Je suis un gars très sociable. Par ma grandeur, je suis imposant. Quand je parle, les gens écoutent. Je fais détourner les regards. Les gens sont respectueux et je ne suis pas une personne qui cherche le trouble.»

Du côté sportif, Vincent se trouve choyé. «Il est certain que ma grandeur me permet de mieux me démarquer dans les sports. J’ai joué dans une équipe AAA au volleyball tout au long de mes études au Cégep alors que je n’avais jamais joué. Quand je suis entré à l’Université, j’ai été pris dans l’équipe de basketball, Les Citadins de l’UQAM. On m’a recruté parce que j’étais grand et non pas parce que je n’avais aucune expérience, mais j’ai le sport dans le cœur.»

Pour sa jeune sœur de 17 ans, Sonia, qui mesure six pieds et trois pouces et chausse des souliers de taille 12, vivre avec sa grande taille n’est pas toujours facile. «J’ai toujours été la plus grande de ma classe. J’ai vu ça comme un complexe longtemps, mais maintenant, je m’en sers à mon avantage. Je joue au basket et je suis fière. Je suis souvent remarquée lorsque j’entre quelque part. Je dois donc me conduire comme il faut. Je considère cela comme une responsabilité.»


 

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