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Bonne fête, maman

Je voulais juste te dire qu’on sait tout ce que tu fais pour nous.

Bonne fête, maman
Illustration Christine Lemus

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Gros coup de vieux cette semaine, en inscrivant à mon agenda un souper pour la fête de ma mère.

Gros coup de vieux cette semaine, en inscrivant à mon agenda un souper pour la fête de ma mère.

Je n’oserais jamais révéler son âge dans Le Journal, elle ne me le pardonnerait jamais. Disons seulement que ma mère m’a eu très jeune. À 23 ans, elle avait déjà trois enfants qui couraient dans la maison (et riaient, et chantaient, et dansaient, et se battaient, et foutaient le bordel et qui ne voulaient jamais aller se coucher).

On avait une jeune mère, qui étudiait, travaillait et qui à la fois tentait de vivre sa vingtaine et de réaliser ses rêves.

Souvent sur la route pour sa compagnie, souvent seule dans des hôtels les soirs de semaine loin de sa famille, à la fois pour nous faire vivre et s’épanouir dans sa carrière, deux choses bien difficiles à conjuguer pour les femmes, encore aujourd’hui. Elle a travaillé fort notre mère, pour qu’on ne manque de rien.

Chère maman.

Comment t’as fait? Les enfants, le travail, le couple? Et toujours cet élan pour te pousser plus loin. Sans jamais nous abandonner. Sans jamais te décourager. Pas la moindre dépression, sans jamais sombrer dans l’enfer de quelque dépendance que ce soit. Y’en a qui tombe à moins.

Tu n’étais pas une maman qui faisait des petits plats. Tu n’étais pas une maman qui nous tricotait des pantoufles. Je sais qu’une partie de toi se sent coupable de ne pas avoir été une mère traditionnelle. Mais si tu savais à quel point t’as été plus.

Celle qui a osé

C’est bientôt la journée de la femme. Et cette journée-là existe grâce à des femmes comme toi. Celles qui ont osé être différentes. Et parler trop fort. Et faire le contraire de ce qu’on leur disait de faire.

On avait une mère forte, intelligente, qui nous a appris à être curieux, à se forger des opinions, à être forts, à être différents, à penser par nous-mêmes, à se dépasser.

C’est aussi ça, une maman.

T’aurais tellement voulu être tout ça et tout ce que tu n’étais pas.

Sans cet exemple de femme frondeuse qui fonce dans la vie avec la force de cent hommes, je ne serais jamais devenue l’humoriste et l’auteur que je suis.

C’est parce que j’ai toujours cru qu’être une femme, c’était plus que d’être belle et plaire à son mari. Qu’une femme, ça peut aussi prendre des risques et réaliser l’impossible. Même lorsque tout le monde semble nous trouver folle, parce qu’on ne rentre pas dans le moule, parce qu’on ne se contente pas de se confondre avec la tapisserie. Merci pour toutes ses leçons de courage.

C’est aussi ça, une maman.

Encore aujourd’hui, je sais qu’on te fait encore passer des nuits blanches quelques fois. Je sais que mes peines et mes deuils, tu les vis aussi fortement, sinon plus que moi, et que ton cœur bat au même rythme que le mien, à chaque échec, à chaque réussite.

Recoudre mes bas de pantalons, me faire la cuisine ou me faire des tresses, çà, c’était la job de papa. Quel beau duo vous faites encore.

Gratitude

Je voulais juste te dire qu’on sait tout ce que tu fais pour nous.

On le dit si souvent à papa et si peu à toi. Mais on sait. On sait que tes nombreuses heures de travail, tu le fais pour nous. Pour payer une énième paire de lunettes à Tristan. Pour l’épicerie du dimanche, parce que Sacha viendra immanquablement souper à la maison. Et pour toutes ses choses que je ne me paye jamais, jusqu’à ce que tu finisses par virer folle et me dire: «JE VAIS LES PAYER TES MAUDITS TRAITEMENTS D’ORTHODONTIE» parce que tu sais que je m’en fous de mes dents. Mais toi, tu t’en fous pas.

C’est ça, une maman. Ça ne s’en fout pas.

Et tu repars dans ta voiture, tu reprends l’avion, et tu continues sans relâche, à soutenir cette famille un peu folle qu’on est, à bout de bras, pour que la distance et l’absence ne nous éloignent jamais. Et qu’on reste unis. Et pour prouver que la fille de 23 ans qui a pris la décision d’avoir trois enfants, et bien elle réussira à rendre tout ce beau monde-là, heureux.

Et c’est surtout ça, une maman.

Bonne fête d’avance. Bonne journée de la femme. Je t’aime.

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