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Antigua, l’île aux 365 plages

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SAINT-JOHN'S, Antigua-et-Barbuda  |  Avec ses 365 plages de sable blanc, l’île d’Antigua, située dans les Petites Antilles juste au nord de la Guadeloupe, rime avec «vacances les pieds dans le sable».

Avec une température constante et fort agréable toute l’année, c'est l’endroit rêvé pour ceux et celles qui désirent s’éloigner des îles trop fréquentées et trop tape-à-l’œil.

Imaginez que, pendant toute une année, vous changez de plage chaque jour! Bon, je vous l’accorde, toutes les plages n’ont pas la même beauté ni la même dimension. Le paysage varie beaucoup selon que l’on choisit le côté de l’île situé sur la mer des Caraïbes, connue pour ses eaux calmes, ou sur l’Atlantique, avec ses vagues impressionnantes et sa beauté sauvage.

Pas très grande, on peut en faire le tour facilement en huit heures, car l’île fait à peine 22 kilomètres de longueur par 18 kilomètres de largeur. Mais attention, si vous louez un véhicule, on est ici dans une ancienne colonie britannique qui a gardé plusieurs traditions anglaises, dont celle de rouler à gauche.

Antigua (les gens de l’endroit prononcent «Antiga») est aussi peu peuplée. Elle compte, avec sa capitale St. John's, à peine 80 000 habitants. C’est un pays paisible où on peut se promener sans danger, contrairement à certaines îles du sud.

Un refuge pour les oiseaux

Antigua a une petite sœur, Barbuda, située à 40 kilomètres au large, avec laquelle elle forme le pays Antigua-et-Babuda. Ce pays comporte aussi quelques îlots recherchés par les amateurs de plongée à cause de ses récifs où pullule une faune aquatique surprenante.

Si la durée de votre séjour vous le permet, la traversée vers Barbuda de 90 minutes en mer pour s’y rendre en vaut vraiment la peine. Presque inhabitée (à peine 2000 habitants), cette île a une réserve ornithologique qui abrite plus de 160 espèces ailées. C’est, dit-on, l’une des plus grandes des Caraïbes.

Sa principale plage mesurant plus de 20 kilomètres est d’un sable rosé dû aux coquillages concassés qui la tapissent. Vous pourrez y jouer à Robinson Crusoé si l’envie vous prend.

L’attrait de Barbuda réside principalement dans son mode de vie naturel et paisible. Avec, d’un côté, le bleu profond de l’Atlantique et ses plages encastrées au fond des baies, et de l’autre, la mer turquoise des Caraïbes, parfaite pour la baignade et la plongée en apnée à la rencontre des tortues, des raies et de nombreuses variétés de poissons tropicaux, Barbuda constitue encore un petit paradis protégé du tourisme de masse.

Le « Guy Lafleur » d’Antigua

J’ai eu le plaisir de faire un magnifique tour d’Antigua en compagnie du «Guy Lafleur» de l’île, célèbre pour ses exploits dans le circuit mondial du cricket, dont les habitants ici sont friands, tradition britannique oblige.

Winston Benjamin a en effet représenté les Antilles en Inde, au Pakistan et en Angleterre avant de devenir ici un instructeur émérite de ce sport.

Reconnu partout sur notre passage, il m’a invité à saluer deux de ses onze enfants et une de ses quatre femmes. J’ai cru comprendre qu’il a laissé aussi dans son sillage sportif plusieurs belles éplorées…

Durant cette visite, j’ai noté que, pour ceux et celles dont le premier plaisir en vacances est de faire des achats, Antigua n’est pas l’endroit par excellence. Certes, la capitale St. John's accueille de grands navires de croisière qui y font escale et les boutiques hors taxes foisonnent dans son port, mais on y retrouve surtout les mêmes produits passe-partout que partout ailleurs dans les Antilles.

La ville n’a pas non plus beaucoup d’attraits touristiques, hormis son imposante cathédrale de style baroque détruite à deux reprises par de violents tremblements de terre aux 17e et 18e siècles. Sous l’égide de l’UNESCO, des travaux d’embellissement sont en cours pour redonner à ce seul monument religieux d’importance tout son lustre d’antan et on ne peut donc pas la visiter pour le moment.

Des sites touristiques remarquables

La véritable richesse d’Antigua réside, outre ses plages et ses anciens volcans, dans ses sites chargés d’histoire coloniale, comme je l’ai constaté en compagnie de Winston Benjamin.

English Harbour, sur la côte sud, célèbre depuis le 19e siècle pour avoir servi d’abri aux flottes de navires britanniques fuyant les cyclones, est un des lieux magnifiques de l’île.

On y retrouve le fort Berkeley, à l’entrée ouest de la baie, bâti en 1704 avec ses 29 gros canons, d’où nous avons profité d’un point de vue spectaculaire sur le port avec ses yachts et voiliers de milliardaires. C’est en effet un refuge hivernal pour les gens riches et célèbres. De magnifiques domaines éparpillés dans la nature et équipés d’héliport en témoignent. Si l’aventure vous tente, de splendides villas s’offrent à vous pour la modique somme de 3000 $ la nuit…

Un peu plus loin, sur le sommet du Monk’s Hill, le fort George, édifié en 1689, domine toute la vallée et la baie. C’est un point de ralliement pour tous les yachts croisant dans les eaux des Caraïbes.

Parmi les plages somptueuses que m’a fait découvrir mon guide, il faut mentionner Half Moon Bay, située sur la côte est. Elle a la particularité d’offrir un endroit idéal pour pratiquer le surf sur une partie et, sur l’autre, un endroit calme pour nager doucement. Depuis un ouragan qui a rasé, il y a une vingtaine d’années, le superbe hôtel qui dominait la baie, l’endroit n’abrite aucun établissement hôtelier et a retrouvé son aspect sauvage qui plaît tant aux Antiguais et aux touristes qui recherchent la tranquillité.

Sur la côte ouest, Hawksbill Beach est constituée en fait d’une série de cinq plages dont une est consacrée à la pratique du nudisme, le seul endroit de l’île, d’ailleurs, où la chose est permise.

Pour ceux et celles qui recherchent plutôt un mélange d’aventure et de paix, on peut aller s’étendre sur la plage de Rendezvous Bay, après avoir parcouru pendant une heure et demie un sentier qui traverse la forêt tropicale jusqu’à la mer. Une solution plus rapide toutefois, c’est de louer un 4X4.

Parmi les plus belles plages de l’île, citons aussi Darwood, Johnson’s Point, Morris Bay, Dickenson Bay et Ffryes Beach (eh oui, avec deux f…).

Le pont du diable

Une visite de l’île ne serait pas complète sans un arrêt à sa pointe extrême est, site du fameux Devil’s Bridge. Le pont du diable est une arche naturelle sculptée au cours des siècles par la mer dans des corniches calcaires. Depuis 1950, cette zone a été désignée «parc naturel» par les autorités gouvernementales. La vue de la mer qui s’engouffre en rugissant dans les trous des rochers est fort impressionnante.

Selon les mémoires d’un vieil Antiguais, Sammy Smith, on a appelé cet endroit le «pont du diable» parce que beaucoup d’esclaves des pays voisins venaient jadis ici se jeter par-dessus bord pour fuir leur vie de misère. Il y aurait même eu à une époque des suicides collectifs, ce qui faisait dire aux gens de la région que le diable devait y vivre. L’endroit est toujours très dangereux et on n’a jamais vu quelqu’un y tomber et sortir vivant des eaux tumultueuses de l’Atlantique. Bien mauvaise façon de terminer un si beau voyage!

La patience est de mise

Comme dans bien des îles, hélas, l’accueil dans les hôtels n’est pas toujours à la hauteur. Notre séjour à Jolly Beach, une magnifique plage longue de près de deux kilomètres, a été gâté par un service hôtelier indolent, parfois à la limite du tolérable.

Un conseil : il faut mettre de côté ses exigences nord-américaines habituelles, se plier au rythme local et respirer par le nez pour éviter une réaction en chaîne qui peut s’avérer en bout de piste catastrophique. Après tout, il fait beau et chaud et on est en vacances. Il faut admettre toutefois qu’attendre à l’arrivée trois heures en plein midi avant d’obtenir une chambre, et pas nécessairement celle réservée par courriel, a quelque chose de très frustrant même pour l’être le plus conciliant.


 

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