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Les fractures

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Non, je ne vous parlerai pas de santé même si les sondages disent que c’est encore et toujours la priorité des Québécois.

Non, je ne vous parlerai pas de santé même si les sondages disent que c’est encore et toujours la priorité des Québécois.

Je veux vous parler de fractures, mais pas de celles qui exigent un plâtre. Plutôt de celles qui exigent un grand chef d’État. Je parle des fractures sociales. Celles qui peuvent faire très mal et très longtemps. Celles qui peuvent empêcher un peuple de poursuivre sa marche. Celles qui exigent qu’on déploie tous les efforts pour permettre des réconciliations.

Réconcilier Montréal et les régions

Qu’on le veuille ou pas, pour un grand nombre de Québécois francophones en région, Montréal est la place des autres, des anglophones, des immigrants. Que Montréal aille bien ou mal ne semble pas les concerner. On vit à l’intérieur du Québec le syndrome des deux solitudes. Et ce n’est pas une grande accolade entre Denis Coderre et Régis Labeaume qui vient régler la question, même si elle fait plaisir à voir. Il faudra un leader capable d’expliquer l’importance de Montréal à l’ensemble des Québécois, et de la défendre.

Réconcilier l’environnement et l’économie

Les échecs des derniers grands sommets mondiaux sur les changements climatiques donnent l’impression qu’on a lancé la serviette et que la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) était une mode vite passée. Pourtant, elle se réchauffe, cette planète! Et le Québec peut et doit devenir cette référence mondiale où on tire son épingle du jeu en conciliant développement économique et protection de l’environnement. Il est inacceptable que le Québec ne se soit pas encore doté d’un plan d’action digne de ce nom pour atteindre ses cibles de réduction de GES en 2020. Si le Québec baisse les bras, la planète est foutue.

Réconcilier le français et le bilinguisme

Comment se fait-il qu’on ne soit pas encore capable au Québec de faire en sorte que chaque jeune Québécois sorte de l’école publique parfaitement bilingue? Rarement vu une aussi grande détermination à ne pas agir! Comme la majorité des Québécois, je défends l’usage de la langue française avec conviction, fierté et amour. Mais j’estime que c’est de la lâcheté et de l’irresponsabilité que de ne pas permettre aux jeunes Québécois de devenir bilingues.

Réconcilier les jeunes et les baby-boomers

Je suis effarée de rencontrer autant de jeunes qui pensent quitter le Québec parce qu’ils y voient une société stagnante, enfermée dans ses vieux débats, incapable de changer. Je n’en peux plus des politiques des baby-boomers qui définissent les jeunes comme une clientèle de l’État à qui on propose quelques programmes comme autant de bonbons qui devraient les contenter. Les jeunes ne sont ni des clients ni des bénéficiaires de l’État. Ils sont des décideurs. Notre futur chef d’État devra être capable de partager le pouvoir entre les baby-boomers et les jeunes. Et l’avenir des régimes de retraite sera le vrai test de réconciliation des générations.

Ces quelques exemples de fractures sociales sont autant d’enjeux qui exigent qu’on prenne des décisions avec les seuls intérêts du Québec en tête. Il en va de notre capacité à nous définir tous fièrement comme Québécois. Car ce n’est pas une charte qui définit les valeurs d’un peuple. C’est sa façon de permettre des réconciliations et de se mettre en marche.

 

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