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L’augmentation des primes d’assurance habitation pour 2014

Businessman Finger Go Up To The Stack Coin
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Combien de plus tout ça va nous coûter ? Intact, le plus gros assureur canadien et québécois, annonçait la semaine dernière dans le Report on Business, que les primes d’assurance pour 2014 augmenteraient de 15 à 20 % en moyenne.

Combien de plus tout ça va nous coûter ? Intact, le plus gros assureur canadien et québécois, annonçait la semaine dernière dans le Report on Business, que les primes d’assurance pour 2014 augmenteraient de 15 à 20 % en moyenne.

Plusieurs autres assureurs ont ainsi annoncé qu’ils suivraient la même tendance.

Les changements climatiques : devons-nous les croire ?

La cause principale qui justifie, selon eux, cette augmentation prévue est l’augmentation des sinistres causés par les changements climatiques tels que l’inondation, le refoulement des égouts, le verglas et les tempêtes de vent.

Les sinistres catastrophiques sont, pour la majorité, réassurés par les marchés mondiaux et ne peuvent à eux seuls mettre la rentabilité d’un assureur en péril. Le principe de réassurance est qu’après une certaine limite, les assureurs canadiens font payer par les réassureurs européens la totalité des sinistres reliés à une seule catastrophe. La facture de réassurance est une dépense fixe annuelle pour tous les assureurs, comme une police d’assurance pour le consommateur. L’impact réel des catastrophes sur la rentabilité survient lorsque les réassureurs montent les tarifs catastrophiques. Certains assureurs n’ont donc pas subi autant de sinistres et ils voudront peut-être offrir des rabais pour acquérir des parts de marchés.

Il est vrai que cette raison est valable, mais il faut par contre compter au moins 2 autres facteurs influents.

La consolidation du marché depuis 15 ans au Québec et au Canada !

Depuis plus de 15 ans, l’assurance de dommages subit une phase de consolidation qui a mené les assureurs à s’acheter entre eux et à acheter une partie importante du réseau de distribution par courtage. Ce phénomène de globalisation et d’intégration a donc maintenu des primes artificiellement basses et la prime moyenne n’a pas suivi l’augmentation des sinistres, forçant ainsi certains assureurs à vendre à d’autres. À titre d’exemple, le plus important assureur est donc devenu canadien (Intact) par l’acquisition de 2 assureurs européens dominants dans les dernières années et plusieurs autres transactions ont consolidé le marché d’assurance canadien et québécois. Ainsi le plus important assureur, qui n’avait pas 10 % des parts de marchés à l’époque, a plus de 18 % au Canada et 25 % au Québec.

Dans le réseau de courtage, une majorité de cabinets est maintenant sous le contrôle de certains assureurs. Cela diminue énormément la concurrence dans l’assurance de dommages et permet ainsi à ces derniers de vivre une augmentation importante des tarifs, sans craindre de perdre trop de parts de marché.

Cette globalisation ayant rendu les plus grands assureurs dominants, le maintien artificiel de la non-rentabilité en assurance habitation (dans le but de conserver ou d’acquérir des clients) n’est plus justifié et l’augmentation des primes risque moins d’effriter les parts de marchés.

Magasiner chez un cabinet indépendant ou encore d’aller voir de plus petits assureurs pourrait faire épargner cette augmentation à certains assurés.

Les rendements de placements

Finalement, la rentabilité opérationnelle (primes moins sinistres et frais administratifs) n’est pas l’unique facteur de rentabilité en assurance. Le placement des primes et des réserves est aussi un moyen pour un assureur de se rentabiliser. Comme le marché obligataire est très peu rentable et que les placements à risques sont interdits aux assureurs, ce volet ne peut compenser les pertes opérationnelles comme ça a pu être le cas dans les décennies précédentes.

Louis Cyr est un professionnel inscrit à l’AMF et à la Chambre de l’assurance de dommages. Bien qu’il ne soit rattaché ou rémunéré par aucune institution financière, ses cabinets peuvent percevoir des honoraires et commissions liés à des produits d’assurances ou des services-conseils.  

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