/opinion/columnists
Navigation

Un référendum à grande vitesse

La tenue ultra rapide d’un référendum en début de mandat d’un gouvernement péquiste majoritaire n’est pas une chimère

Bloc Beauchamp

Coup d'oeil sur cet article

Après seulement une semaine de campagne, nous savons maintenant que la seule question pertinente à se poser dans l’isoloir est : voulons-nous ou non d’un référendum d’ici les 18 prochains mois au Québec ? L’arrivée de Pierre Karl Péladeau dans la campagne électorale est venue cristalliser cet enjeu.

Après seulement une semaine de campagne, nous savons maintenant que la seule question pertinente à se poser dans l’isoloir est : voulons-nous ou non d’un référendum d’ici les 18 prochains mois au Québec ? L’arrivée de Pierre Karl Péladeau dans la campagne électorale est venue cristalliser cet enjeu.

La tenue ultra rapide d’un référendum en début de mandat d’un gouvernement péquiste majoritaire n’est pas une chimère. En fait, si vous êtes Pauline Marois, vous ne faites pas autrement. Plusieurs conditions seront réunies lui permettant d’espérer une victoire du camp du oui.

Premièrement, il y a une possibilité que les deux partis d’opposition se retrouvent sans chef. En effet, si le Parti québécois forme un gouvernement majoritaire, Philippe Couillard aura-t-il réussi, lui, à se faire élire dans le comté de Roberval? L’hypothèse d’une défaite amènerait son lot de tractations et de déchirements à l’intérieur du PLQ. Même en cas de victoire, la pression pourrait être forte pour qu’il cède sa place à un nouveau chef. Du côté de la CAQ, la réélection de François Legault, dans le comté de l’Assomption, n’est pas non plus assurée. Et tous perçoivent que M. Legault ne poursuivra pas longtemps une carrière en politique active. La CAQ sera une formation diminuée et en perte de vitesse. Cette double conjoncture peut aisément convaincre le Parti québécois de profiter de l’occasion et de se lancer en campagne référendaire.

D’autant que cela laisse la porte grande ouverte à la mainmise tacite de Justin Trudeau sur la campagne du non. Le reste du Canada voudra qu’un Québécois mène la bataille contre les forces souverainistes. Et le Parti québécois lui-même va le couronner chef du camp du non, car cela lui offre un scénario référendaire inespéré. Le nom Trudeau est encore associé par un grand nombre de nationalistes québécois à un courant politique ayant failli à respecter ses engagements à réformer le système fédéral canadien dans le meilleur intérêt des Québécois. Le souvenir de la nuit des longs couteaux peut encore réveiller des passions…

Pression forte

Le Parti québécois va aussi vouloir profiter de la présence de Stephen Harper à la tête du Canada pour lancer un référendum. Le premier ministre du Canada semble ne plus tenir compte du Québec pour former un gouvernement majoritaire. Il peut même penser compter des points dans le reste du Canada en prônant une ligne dure envers le Québec. Or, il faut se rappeler que les prochaines élections fédérales doivent se tenir au plus tard le 19 octobre 2015. La pression sera donc très forte sur Mme Marois pour déclencher un référendum dans la première année de son nouveau mandat.

Un impatient

Enfin, PKP n’est pas reconnu pour sa patience! Personne ne l’imagine siéger sagement à l’Assemblée nationale et expliquer aux Québécois le long cheminement qu’impose un livre blanc sur la souveraineté. PKP est en politique pour faire du Québec un pays. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir été clair! Mme Marois ne peut se permettre le luxe de perdre un joueur de la trempe de PKP parce qu’elle hésiterait à tenir un référendum.

Je sais. La vraie question à se poser dans l’isoloir le 7 avril prochain devrait être: quelle équipe me donne la meilleure garantie que le Québec ne perdra pas à nouveau des milliers d’emplois comme ce fut le cas en février? Pourtant, la seule question à se poser est: est-ce que je veux ou non un référendum d’ici 18 mois au Québec?

Sur le même sujet
Commentaires