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Santé

La dépression saisonnière existe-t-elle vraiment ?

Dépression Saisonnière
Illustration Benoit Tardif, colagene.com

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Depuis le début de novembre, les journées sont de plus en plus courtes et le soleil brille trop souvent… par son absence. Si nous sommes tous affectés par la grisaille automnale, environ 6 % d’entre nous souffriront de dépression pendant la saison froide, d’où le nom de dépression saisonnière ou SAD en anglais pour seasonal affective disorder.

Depuis le début de novembre, les journées sont de plus en plus courtes et le soleil brille trop souvent… par son absence. Si nous sommes tous affectés par la grisaille automnale, environ 6 % d’entre nous souffriront de dépression pendant la saison froide, d’où le nom de dépression saisonnière ou SAD en anglais pour seasonal affective disorder.

Les scientifiques savent pour le moment que ce type de dépression serait dû à une diminution de la durée quotidienne d’ensoleillement qui réduit la production d’un produit chimique dans le cerveau appelé la sérotonine. Par contre, et de façon étonnante, c’est en Islande qu’on trouve le moins de cas de dépression saisonnière en dépit d’un temps d’ensoleillement très court en hiver. La consommation élevée de poissons et de fruits de mer chez ce peuple nordique serait attribuable à ce phénomène.

Les personnes affectées peuvent souffrir de somnolence pendant le jour, d’irritabilité et de tristesse. Elles peuvent perdre l’intérêt pour leurs activités, éprouver des problèmes de concentration ou une baisse de libido.

Fait intéressant à noter, ces symptômes surviennent toujours à la même période de l’année, surtout en novembre, décembre et janvier. À l’approche du printemps, les symptômes disparaissent progressivement. Sans entrer dans les détails, cette apathie serait causée par un manque de luminosité.

Luminothérapie

Le traitement le moins coûteux est la luminothérapie où le sujet s’expose à une lumière à large spectre, dont l’intensité varie de 2500 à 10000 lux, de 30 minutes à 2 heures chaque jour.

Un groupe de chercheurs de l’université de Colombie-Britannique est en train d’évaluer la luminothérapie, croyant qu’elle pourrait aussi aider à corriger d’autres troubles dépressifs en plus de la dépression saisonnière.

Études scientifiques

Comme on peut le voir, certaines données supportent la dépression saisonnière, mais existe-t-elle vraiment?

Des chercheurs américains remettent d’ailleurs en cause sa fréquence.

À cet effet, 800 patients ont rempli de nombreux questionnaires mesurant leurs symptômes dépressifs.

Ils ont comparé ces résultats aux conditions météorologiques, incluant l’intensité de la lumière du soleil. Ils concluent que ni le moment de l’année, ni les conditions météo ne semblent avoir des effets sur les symptômes. Un impact très modeste a été mesuré pendant les mois d’hiver, mais cet effet aurait dû être plus important si la dépression saisonnière était aussi répandue qu’on ne le croit.

Le responsable de l’étude conclut que le public surestime l’impact de la dépression saisonnière.

Plus près de nous, une récente enquête montre que l’indice du bonheur québécois est plus bas d’octobre à janvier et plus haut pendant les mois d’été.

En 2010, une autre enquête rapportait que seulement 16 % des Québécois interrogés disaient préférer l’hiver; donc, ici encore, 84 % préféraient l’été. Ces données peuvent aussi expliquer en partie l’incidence de la dépression saisonnière puisque moins on accepte une situation, moins on est heureux.

Prévention

De toute façon, soyons préventifs et laissons pénétrer le maximum de lumière dans la maison et le bureau.

Une marche de 30 minutes par jour, de préférence le matin à la lumière du jour, peut être utile. Pour s’aider encore davantage, on peut prendre des suppléments de vitamine D, la vitamine soleil, qui atténue aussi les blues de l’hiver selon une étude de l’Université de Toronto.

L’intégration des poissons dans notre alimentation, reconnus pour leur apport en acide gras oméga-3, ne peut faire de mal même si rien n’indique que cela peut prévenir la dépression. Enfin, des chercheurs norvégiens prétendent que l’huile de foie de morue pourrait prévenir la dépression. Les résultats d’une étude démontrent que ceux qui prennent une cuillère à soupe d’huile de foie de morue par jour courent 30 % moins de risques de souffrir de dépression que ceux qui n’en ajoutent pas à leur menu. D’autres tests sont actuellement en cours pour valider les bienfaits de cette huile.

Avec tous ces conseils, vous avez sûrement tout ce qu’il faut pour mettre du soleil dans votre vie.

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