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Maïna (3/5)

Les Innus au grand écran

Film de Michel Poulette. Avec Roseanne Supernault, Ipellie Ootoova, Uapshkuss Thernish

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Si la communauté inuite a cette chance de se voir occasionnellement dans des films, notamment grâce au travail de Zacharias Kunuk, on ne pouvait en dire autant pour le peuple innu.

Si la communauté inuite a cette chance de se voir occasionnellement dans des films, notamment grâce au travail de Zacharias Kunuk, on ne pouvait en dire autant pour le peuple innu.

Voilà que les Innus font leur entrée en salle dans Maïna, un film réalisé par Michel Poulette à partir du roman fort populaire de Dominique Demers. Le film a été primé au American Indian Film Festival de San Francisco (meilleur film, meilleure actrice et meilleure actrice de soutien).

Obtenir le financement et filmer dans les régions de Mingan et de Kuujuuaq n’a pas été de tout repos, et l’équipe technique a dû faire des pieds et des mains pour parvenir à son but. Le résultat est visuellement spectaculaire, vu la nature des lieux. La musique, signée Michel Cusson et Kim Gaboury, est à la hauteur de ce qu’on attend d’un artiste de la trempe de Cusson. Reste donc le récit.

Maïna, c’est la rencontre entre deux entités autochtones avant l’arrivée des Européens en Amérique, soit celle des peuples inuits et innus, une réalité qui n’est pas enseignée dans nos écoles. Ces peuples, même s’ils partagent un très, très vaste territoire, ont peu de similitudes culturelles. D’où le choc.

Lorsque les Inuits kidnappent un jeune garçon du village de Maïna – garçon dont elle jura de s’occuper sur sa vie – celle-ci n’a d’autre choix que de les suivre. Faite prisonnière à son tour, elle sera amenée dans ce pays de glace qu’est le Grand Nord où elle fera office d’étrangère, mais s’y intègrera et tombera amoureuse d’un de ses kidnappeurs, ce qu’on identifiera comme le syndrome de Stockholm des siècles plus tard.

Réalités quotidiennes

Le film fait devoir de mémoire pour la justesse avec laquelle on a tenté d’intégrer des réalités quotidiennes de cette vie difficile des Premières nations, sans tomber dans la facilité ou le cliché. Plusieurs conseillers ont d’ailleurs participé au film.

Toutefois, toute cette belle volonté et ces panoramas à couper le souffle ne masquent pas le fait que ce roman transposé au grand écran raconte une histoire d’une simplicité désarmante, qui frôle le film à l’eau de rose. En dehors des gens qui s’y reconnaitront, les autres y verront-ils une fresque historique à voir et revoir?

 

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