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Comme ailleurs, il faut taxer les banques

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Par souci d’élémentaire équité, il faut arrêter de taxer de toutes les manières hypocrites le monde ordinaire, dont les revenus stagnent depuis 30 ans. Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’ONU, le FMI, l’OCDE, le Forum économique mondial, le Conference Board, etc.

Par souci d’élémentaire équité, il faut arrêter de taxer de toutes les manières hypocrites le monde ordinaire, dont les revenus stagnent depuis 30 ans. Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’ONU, le FMI, l’OCDE, le Forum économique mondial, le Conference Board, etc.

C’est un fait indéniable. On peut même demeurer pauvre tout en travaillant, ce qu’on appelle les «working poors»; la pauvreté n’est même pas un enjeu électoral actuellement. Pourtant, en taxant les banques...

Mais comme les six grandes banques canadiennes forment un confortable oligopole, dixit The Economist, ça fait que même durant la crise, elles ont engrangé, en 2007, des profits records de 19,5 G$ qui ont atteint 30 G$ en 2012. Encore des records, évidemment.

Ça ne prend pas beaucoup de courage, juste un peu de solidarité des élus, pour simplement faire comme ailleurs et augmenter les impôts des banques et des banquiers et aussi de réduire leur perverse évasion fiscale dans les paradis fiscaux. De 2004 à 2009, par exemple, les six grandes banques canadiennes ont détourné dans leurs filiales logées dans des paradis fiscaux pour 10 G$ d’impôts. Ce sont 10 milliards $ d’impôts qu’elles auraient dû payer ici au pays.

L’Irlande, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, etc., tous ces pays l’ont fait, c’est maintenant notre tour. Le Fonds monétaire international, qui ne porte pourtant pas à gauche, l’a affirmé : «Le secteur financier est sous-taxé» (1er février 2013). Il ne s’agit pas de surtaxer personne, mais de taxer les gros revenus des compagnies et des nantis, et non la maigre pitance des travailleurs ordinaires. En 2013, les patrons de nos banques ont empoché 209 M$. Ce sont les mêmes qui répètent qu’avant de répartir la richesse, il faut la créer. Eux, ils n’attendent pas.

Mépris

Et ce sont les mêmes banquiers qui, riches à craquer et faisant preuve de mépris, ont clamé : «Les Québécois devront faire des sacrifices» (afin de les engraisser). Et aussi: «Les provinces devront se serrer la ceinture», c’est-à-dire couper dans les services publics. Quant à ces milliardaires sous-taxés, il n’y a aucun problème : «Les grandes banques confiantes face à leur avenir». Cynisme et arrogance, vous dites? Crise économique ou pas, elles continuent d’engranger des profits.

Puis-je, en terminant, citer de nouveau le FMI: «Les économistes du FMI suggèrent d’augmenter les dépenses publiques à visées sociales et de s’appuyer davantage sur une fiscalité plus progressive qui revient à imposer les plus riches» (14 mars 2014). Oui, l’impôt sur le revenu est progressif, et les taxes à la consommation et la tarification des services publics sont régressives, quoi qu’en disent certains ténors et leurs fidèles commandités de tout poil. Tout de même bizarre, les partis politiques, sauf Québec Solidaire, n’ont pas beaucoup abordé cette politique fiscale en ce temps électoral, qui reçoit pourtant l’assentiment de la population, de peur d’irriter ces banquiers très puissants qui comptent, contrairement au monde ordinaire, des centaines de lobbyistes dont certains sont d’ex-politiciens.

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