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Les vrais malaises

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Dans la très populaire série télévisée Les beaux malaises, Martin Matte se met en scène pour mieux dire à haute voix ce que la majorité d’entre nous préfère taire pour ne pas créer de débat ou de chicane de famille.

Dans la très populaire série télévisée Les beaux malaises, Martin Matte se met en scène pour mieux dire à haute voix ce que la majorité d’entre nous préfère taire pour ne pas créer de débat ou de chicane de famille.

Pierre Karl Péladeau (PKP) incarne-t-il le Martin Matte du Parti québécois? Ça en a tout l’air. Sa déclaration «coup de poing» en faveur de la souveraineté lors de l’annonce de sa candidature a résonné dans tous les foyers du Québec. Et, depuis, on sent le malaise au sein des troupes du Parti québécois. M. Péladeau a dit à haute voix ce que tous les péquistes savent, mais préfèrent taire. Le PQ veut tenir rapidement un référendum sur la souveraineté du Québec.

L’éthique

Lors du débat des chefs, Mme Marois a tenté tant bien que mal de remettre le dentifrice dans le tube. Elle a scandé plusieurs fois: «Il n’y aura pas de référendum… tant que les Québécois ne seront pas prêts.» La pause de trois secondes entre les deux segments de la déclaration est très importante! Et, pourtant, personne n’est dupe. Ce n’est pas un délai de trois secondes qui résout la question. M. Péladeau a créé un véritable malaise en rappelant qu’il investira toutes ses énergies pour faire du Québec un pays.

Et ce n’est pas le seul malaise que Mme Marois doit gérer. La question de l’éthique vient aussi la hanter. Françoise David a résumé efficacement la situation quand elle a affirmé lors du débat qu’il y avait une évidence crasse dans le fait que M. Péladeau était en conflit d’intérêts. Que Mme Marois répète que tous les membres de son équipe, y compris PKP, obéiront au code d’éthique de l’Assemblée nationale ne règle rien. Les Québécois perçoivent qu’il n’y a rien de souhaitable dans le fait qu’un individu, aussi talentueux et méritant qu’il puisse être, veuille détenir à la fois le plus grand des pouvoirs médiatiques et le plus grand des pouvoirs politiques. Malaise, malaise…

Épines au pied

Les autres chefs de parti ont aussi leur Martin Matte! M. Couillard devra composer tout le long de la campagne avec les déclarations de Fatima Houda-Pepin, qui a osé dire à haute voix que les positions du PLQ sur la charte des valeurs n’allaient pas assez loin. Le malaise est palpable dans les troupes libérales. Du côté de la CAQ, les départs de députés-vedettes comme Jacques Duchesneau et Hélène Daneault sont une admission éloquente des limites de François Legault comme chef de parti et lèvent le voile sur le manque de profondeur de son équipe de candidats. Quant à Françoise David, elle peut toujours compter sur les déclarations d’Amir Khadir pour créer de vrais malaises! N’a-t-il pas encore récemment dû s’excuser pour avoir établi un lien plus que malheureux entre PKP et l’ayatollah Khomeini?

Mais le plus gros malaise est dans la famille politique de Mme Marois. Malgré tous ses efforts pour le dissiper, la question dans l’isoloir demeure: voulons-nous d’un référendum ou pas?

 

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