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S.O.S. crise à l’horizon!

S.O.S. crise  à l’horizon!

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«Puisque notre fils fait des crises à tout moment, nous en venons à nous dire: pas encore une crise! Nous ne comprenons pas qu’il puisse avoir autant de colère, alors que nous faisons tout pour qu’il soit heureux. Quoi faire pour que ça arrête???»

Le rôle de parent peut être très frustrant et «ingrat» parfois.

Les parents ont pour rôle de donner de l’amour, mais aussi de frustrer l’enfant en ne lui donnant pas tout ce qu’il désire au moment où il le demande.

C’est justement ce sentiment (la frustration) qui va pousser l’enfant à vouloir grandir et à se mobiliser pour tenter de combler lui-même ses propres désirs.

L’important pour le parent est d’essayer de ne pas «prendre personnel» les commentaires ou les phrases dites par l’enfant sur le coup de la colère.

Ainsi, il sera plus facile de distinguer la colère qui appartient à l’enfant et celle qui appartient au parent.

La colère de l’enfant

La colère, c’est une émotion saine, un besoin d’expression qui nécessite d’être canalisé de façon socialement acceptable. Elle s’oppose à la violence, physique ou verbale, qui est une manière non acceptable d’exprimer la colère.

Plus les enfants sont jeunes, plus leur colère s’exprime intensément et physiquement.

C’est en reconnaissant sa colère et en lui mettant des limites qu’il apprendra à se contrôler. «Tu es fâché et tu as le droit de l’être, mais, ici, on ne frappe pas quand on est en colère. Quand on brise quelque chose ou qu’on frappe, il y a une conséquence…»

Présente chez tous les humains, l’agressivité est une énergie qui pousse à grandir et à aller de l’avant. Certaines personnes démontrent plus d’agressivité que d’autres, en fonction de leur tempérament, de leur vécu et du contexte dans le cadre duquel s’expriment les frustrations. Cette énergie a donc besoin d’être dirigée à bon escient, c’est-à-dire ni envers soi-même ni à l’endroit de quelqu’un d’autre.

Canaliser

Un bon moyen pour canaliser l’énergie agressive de l’enfant, c’est dans les jeux symboliques: jeux de fusils, bataille, combat. Un autre moyen chez les enfants plus vieux est de la diriger dans des activités qui permettent de se dépasser (hockey, soccer, basketball, tennis…) ou encore dans une activité où il devra canaliser son énergie en suivant une discipline (boxe, autodéfense, karaté…).

Les jeux de compétition dans lesquels le partenaire doit être mis en échec peuvent aussi aider à canaliser l’agressivité (dames, échecs, dards, billard, jeux de stratégie…).

Les sources de la colère

Souvent, un changement de comportement peut se produire lorsqu’on comprend ce qui se passe et d’où viennent les colères.

Voici quelques pistes de réflexion pour identifier les sources de la colère chez l’enfant et chez les parents.

Du côté de l’enfant

  • A-t-il une frustration accumulée, soit par un frère ou une sœur qui a des privilèges?
  • Retire-t-il des bénéfices à ses colères, comme obtenir ce qu’il désire après?
  • A-t-il un besoin qui n’est pas entendu comme de s’affirmer, d’être reconnu comme étant bon dans quelque chose ou le sentiment d’être trop petit pour tout?

Du côté du parent

  • Avez-vous de la difficulté à exprimer votre colère et c’est l’enfant qui l’extériorise pour vous?
  • Ou, au contraire, êtes-vous toujours sur les dents et votre enfant ne fait que reproduire ce qu’il voit?
  • Qu’est-ce que ces crises vous font vivre, vous ramènent-elles à votre enfance où vous aviez un frère, une sœur, un parent qui vous faisait vivre ça?

Dans le couple

  • Y a-t-il une tension entre vous deux que votre enfant absorbe et extériorise pour vous?
  • Est-ce que les crises viennent d’un manque d’alliance et de cohérence dans le couple?
  • Est-ce que vos règles et vos attentes sont claires pour vous et l’enfant?

En répondant à ces questions, vous serez peut-être en meilleure posture pour comprendre les colères de vos enfants.


Parent, Nathalie, La famille et les parents d’aujourd’hui, la communication entre parent et enfant. Montréal, Éditions Québec-Livres, 2007.

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