/news/currentevents
Navigation
Justice | Salon funéraire

Amende record de 152 150 $ pour avoir pris l’argent de ses clients

GEN-PATRICK-FORTIN
Photo d'archives Patrick Fortin

Coup d'oeil sur cet article

Le directeur de funérailles Patrick Fortin vient de battre son propre record en plaidant coupable à 100 chefs d’accusation et en recevant une amende de plus de 150 000 $ pour avoir subtilisé l’argent de ses clients.

Le directeur de funérailles Patrick Fortin vient de battre son propre record en plaidant coupable à 100 chefs d’accusation et en recevant une amende de plus de 150 000 $ pour avoir subtilisé l’argent de ses clients.

«Justice a enfin été rendue. Cette saga est enfin terminée», dit Nathalie Samson, directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec quand Le Journal lui apprend que les dernières accusations de l’Office de la protection du consommateur (OPC) ont été réglées.

Depuis 2006, le propriétaire du Complexe funéraire Fortin de l’Épiphanie a été condamné à des amendes totalisant 279 925 $ pour avoir omis de déposer l’argent de ses clients dans un compte en fidéicommis, comme la loi l’impose afin de protéger les consommateurs.

Patrick Fortin et son entreprise viennent chacun de plaider coupable à 50 chefs sur 71. Au total, c’est donc 100 chefs d’accusation qui sont retenus. À 1500 $ d’amende par chef plus les frais, la facture s’élève à 152 150 $.

C’est la quatrième fois en huit ans que l’OPC met Patrick Fortin à l’amende, toujours pour avoir omis de déposer dans un compte l’argent des préarrangements funéraires de ses clients. Il a été condamné à 100 175 $ en 2013 – un record à l’époque –, 21 500 $ en 2009 et 8250 $ en 2006.

La loi oblige les salons funéraires à déposer la presque totalité de l’argent de ces contrats. Patrick Fortin omettait régulièrement de faire ces dépôts, utilisant l’argent à d’autres fins.

Puisqu’il s’écoule ­plusieurs années entre la signature du contrat et le décès, le dépôt des sommes ­assure que l’argent sera là à la fin.

Pas sorti du bois

La bonne nouvelle pour Patrick Fortin, s’il y en a une, est que la Cour lui donne 18 mois pour payer cette amende. Un répit bienvenu puisque le montant s’ajoute à une longue liste de dettes. Et le temps presse. Patrick Fortin a moins de trois semaines pour rembourser environ 1,4 M$.

Le 13 février, son institution financière lui a donné 60 jours pour rembourser près de 500 000 $ sur deux maisons et son salon funéraire. Et les gouvernements provincial et fédéral lui réclament 635 000 $ d’impôts impayés. À cela s’ajoutent des dettes de près de 130 000 $ à un constructeur et de 155 000 $ à un investisseur.

«L’entreprise a grandi trop vite», expliquait M. Fortin au Journal le mois dernier. L’homme d’affaires était, jusqu’à il y a trois ans, associé à six salons funéraires de la région montréalaise, dont un immense complexe à Anjou. Mais des problèmes financiers et des mésententes avec ses partenaires d’affaires ont fait en sorte qu’il ne détient plus que son salon funéraire de L’Épiphanie.

Ses problèmes financiers pourraient s’atténuer, voire disparaître, s’il réussit à vendre son petit château de Terrebonne, évalué par la Ville à 1,1 M$, mais mis en vente le mois dernier à 3 M$.

«On va prendre des ententes avec des institutions financières et des investisseurs privés», soutenait l’homme d’affaires au Journal.

Commentaires