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L’arroseur.... arrosé !

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Le chef libéral Philippe Couillard vient de se faire frapper de plein fouet par une histoire de compte «offshore», une affaire dont se serait certainement passé l’aspirant premier ministre, en pleine campagne électorale.

Le chef libéral Philippe Couillard vient de se faire frapper de plein fouet par une histoire de compte «offshore», une affaire dont se serait certainement passé l’aspirant premier ministre, en pleine campagne électorale.

Admettons que ce n’est pas la meilleure chose qui puisse arriver à quelqu’un qui a lancé la semaine politique en annonçant qu’il voulait aller au-delà des exigences de la loi électorale, en publiant la situation financière de sa conjointe.

Nous ne sommes pas dupes, la déclaration de M. Couillard n’avait absolument rien à voir avec l’objectif annoncé, et ne visait qu’à embêter Pauline Marois dont le conjoint est un homme d’affaires qui a réussi et qui souhaite, à bon droit, garder ses affaires personnelles pour lui-même.

La prise de position très partisane de M. Couillard quant aux avoirs de sa conjointe lui revient aujourd’hui en plein visage. En effet, comment faire accepter, maintenant, sa défense que tout est légal concernant ce compte

«offshore», alors qu’en début de semaine, il refusait l’explication de MmeMarois disant qu’elle respectait intégralement la loi électorale. Qu’a-t-elle à cacher? claironnait-il.

Le pire dans toute cette histoire, c’est qu’en poussant les exigences de dévoilement au niveau où il l’a fait, M. Couillard a rendu un très mauvais service à toute la démocratie puisqu’il deviendra presque impossible, tantôt, de recruter des gens d’affaires compétents pour s’investir en politique.

Les exigences faites à tous les candidats de dévoiler tous leurs actifs et ceux de leur conjoint à un conseiller en éthique, en préservant certains aspects qui n’ont pas à être dévoilés au grand public, me semblent rejoindre les objectifs de clarté nécessaire, sans verser dans le voyeurisme!

Ce n’est pas tout le monde, dans ce créneau professionnel, qui veut se mettre à nu financièrement pour servir ses concitoyens, à un salaire vraiment très modeste. Le cynisme qui découle d’un refus de se conformer à une telle exigence de la part d’un candidat me donne des haut-le-cœur, et c’est déjà commencé dans les tribunes téléphoniques. «Elle a sûrement des choses à cacher», dit-on dans certains milieux... Désolant! Franchement désolant!

Quant au compte « offshore »

Ce pauvre M. Couillard a vraisemblablement respecté intégralement la loi, mais l’image reste très négative. Les

citoyens sont trop révoltés contre toutes ces entreprises qui, légalement elles aussi, profitent des paradis fiscaux... M. Couillard sait bien que son problème n’est pas d’ordre légal, c’est un problème d’éthique. Est-ce que les exigences qu’on a d’un aspirant premier ministre peuvent s’accommoder d’un recours à un paradis fiscal à des fins personnelles?

Ce sont toutes ces questions que les électeurs devront apprécier au moment de choisir leur prochain gouvernement. M. Couillard vivra, à mon avis, une dernière semaine difficile, un peu beaucoup en lien avec la trop grande pureté qu’il a voulu montrer, en rendant publique la situation financière de sa conjointe, en début de semaine.

La leçon que M. Couillard devrait tirer de cette histoire, c’est qu’en politique, il vaut mieux savoir renoncer à des avantages partisans immédiats, et s’en tenir au respect de nos principes!

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