/news/politics
Navigation
Guillermo Martinez

Grands tourments dans un État du Sud

Moi aussi, j'ai eu une petite amie bisexuelle

Grands tourments dans un État du Sud
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

L’écrivain Guillermo Martinez, prodige maintes fois primé de la littérature argentine et docteur en mathématiques, raconte une truculente histoire entre un professeur d’université argentin et une étudiante à l’orientation sexuelle indécise dans Moi aussi, j’ai eu une petite amie bisexuelle.

En août 2011, un écrivain argentin se rend dans une université du sud des États-Unis pour enseigner la littérature espagnole pendant un semestre. Il découvre les règles imposées, comme ne jamais recevoir dans un bureau fermé, toutes sortes de réactions d’élèves devant certains textes qu’ils considèrent comme choquants.

Pourtant, dans cette atmosphère truffée d’interdits, le désir existe — notamment celui qui est partagé entre le jeune professeur et Jenny, son élève. Les rencontres érotiques entre les deux personnages font avancer le roman du professeur, tandis que pour Jenny, les questionnements augmentent. Lorsque l’attentat du World Trade Center survient, la liaison secrète est exposée et le prof doit rentrer chez lui, le cœur en miettes. Même si Jenny est au bord du gouffre.

Autobiographie et fiction

«Comme bien des romans, celui-ci est en partie autobiographique et est né d’une manière un peu accidentelle», explique Guillermo en entrevue téléphonique de Paris, où il était invité au Salon du livre.

«J’étais aux États-Unis pour enseigner la littérature espagnole lorsque les tours jumelles du World Trade Center se sont écroulées. J’enseignais dans une université semblable à celle que je décris dans le roman. Je voulais faire un roman qui montrerait le côté intimiste d’une relation très clandestine entre un professeur d’université et une étudiante, sur fond politique qui a fini par les toucher eux aussi.»

«Les premières notes du roman sont en partie autobiographiques, mais très vite, on tombe dans la fiction. Une fois qu’on a mis en place le décor et l’intrigue, les personnages évoluent d’eux-mêmes dans différentes directions.»

Monde contemporain

A-t-il jamais rencontré une fille comme Jenny? «Mais non! Mais ça fait partie du travail de l’écrivain de créer des personnages vraisemblables. Jenny représente le monde contemporain, en quelque sorte. Elle représente la jeunesse qui est à la recherche de nouvelles expériences.»

Lorsqu’il enseignait dans le sud des États-Unis, plusieurs détails ont attiré son attention. «Par exemple, j’ai remarqué que les restes d’une tension raciale étaient toujours présents, qu’il y avait un code strict au sujet des relations entre les professeurs et les étudiants, et des batailles académiques internes. Ces trois dimensions sont dépeintes dans mon roman, mais aussi ce qui s’est passé après les attaques du World Trade Center. Il y avait plus de surveillance, des règles plus strictes et une méfiance à l’égard des étrangers.»

Guillermo Martinez a aussi écrit The Oxford Murders, porté à l’écran en 2008 par Alex de la Iglesia, avec John Hurt et Elijah Wood dans la distribution.

Commentaires