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Cabanes à sucre

Les chaudières d’autrefois sont la cible de voleurs

Vols cabanes à sucre
Photo marie-Pier Gagné des nombreux vols qui ont lieu chaque hiver dans les cabanes à sucre. Photo marie-Pier Gagné

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Des cabanes à sucre québécoises sont ciblées par des voleurs qui convoitent non pas leur argent ni leur sirop d’érable, mais bien leurs chaudières en aluminium.

Des cabanes à sucre québécoises sont ciblées par des voleurs qui convoitent non pas leur argent ni leur sirop d’érable, mais bien leurs chaudières en aluminium.

Une sucrerie de Magog a ainsi déboursé 2000 $ pour installer six caméras de surveillance à l’intérieur et à l’extérieur de son érablière afin de se protéger des vols de chaudières. «C’est dommage qu’on en soit rendus là, mais sinon, j’ai bien peur que notre calvaire ne finisse jamais», a affirmé Louise Collard, la copropriétaire de l’établissement.

Depuis quelques années, le nombre de cabanes à sucre cambriolées au printemps augmente sans cesse.

En fait, ce sont les chaudières en aluminium qui ont la cote auprès des voleurs. En voie de disparition, elles ne sont plus fabriquées depuis 1980, ce qui fait qu’elles sont facilement revendables à environ 5 $ chacune. Chaque année, les cambrioleurs cherchent donc les exemplaires rares qu’il reste au Québec, en faisant le tour des cabanes à sucre, la nuit.

D’ailleurs, l’érablière de Sainte-Catherine-de-Hatley, qui avait été dépouillée de plus de 1 000 chaudières l’an passé, a été de nouveau la cible de voleurs dans les derniers jours. Le week-end dernier, une cinquantaine de chaudières ont disparu et le même scénario s’est répété mercredi.

Découragés

Plusieurs propriétaires de cabanes à sucre se disent déconcertés par cette vague de vols.

«Notre production en est affectée, a dit Sylvain Gagnon, qui a mis sur pied une érablière familiale en banlieue de Montréal. C’est démoralisant.» 

La sucrerie d’un autre producteur, Marcel Audet, a aussi été la cible de voleurs dernièrement.

«J’essaie de ne plus trop m’en faire, mais j’avoue que je suis pas mal tanné de voir mon stock disparaître», confie l’homme de 62 ans.

«On paie notre équipement cher pour que les gens puissent profiter du temps des sucres, continue M. Audet. Mais là, on paie tellement de nouveaux matériaux que ce n’est même plus rentable. Il va vraiment falloir trouver une solution.»

Tubulures

Et pour certains producteurs, cette solution miracle a été de mettre de côté les chaudières et d’installer de la tubulure, un système de tuyaux à travers lesquels la sève coule et se rend d’elle-même aux évaporateurs.

«Je pense que c’est la meilleure solution, dit Jean Côté, propriétaire d’une cabane à sucre de St-Marc-sur-Richelieu. Je me suis déjà fait voler des chaises et une remorque, mais rien qui n’a rapport avec la cueillette du sucre. Je me croise les doigts, parce que cette vague de vols dans les cabanes me fait un peu peur.»

En plus d’être plus efficace, cette technique réduit considérablement les vols. La tubulure en plastique est beaucoup moins intéressante que l’aluminium.

«C’est le seul moyen que j’ai trouvé après avoir payé des milliers de dollars en seaux volés», conclut l’acéricultrice Louise Collard.

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