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Un mandat majoritaire pour nos emplois

Je veux que, chaque matin, mon premier ministre soit obsédé par nos emplois et par nos maisons

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Chaque jour que le bon Dieu amène, chaque matin, au lever, on doit décider des priorités de sa journée. On se gouverne bien sûr en fonction de nos obligations: aller travailler, préparer les repas, payer les comptes. Mais on fait aussi des choix en fonction de nos valeurs et de nos principes, comme s’entraîner, faire du bénévolat, voir des amis.

Chaque jour que le bon Dieu amène, chaque matin, au lever, on doit décider des priorités de sa journée. On se gouverne bien sûr en fonction de nos obligations: aller travailler, préparer les repas, payer les comptes. Mais on fait aussi des choix en fonction de nos valeurs et de nos principes, comme s’entraîner, faire du bénévolat, voir des amis.

C’est exactement la même chose dans la vie d’un premier ministre. Chaque matin, le premier ministre de tous les Québécois doit avoir les idées claires sur les priorités de sa journée. Et c’est d’autant plus vrai que chaque jour qui passe est un jour de moins dans son mandat à durée déterminée pour accomplir ce qu’il veut vraiment faire. Il aura bien sûr ses obligations, la période de questions à l’Assemblée nationale, les conférences de presse pour les journalistes, ses réunions du Conseil des ministres. Mais ses valeurs et ses principes détermineront ce qu’il apportera vraiment aux Québécois. C’est la vraie vie...

Statistiques inquiétantes

Alors, vous voulez que votre premier ministre pense à quoi en se levant? C’est la question que vous devez vous poser avant d’aller voter lundi. Moi, j’ai ma réponse. Je veux que, chaque matin, mon premier ministre soit obsédé par nos emplois et par nos maisons.

Car il faut redresser la barre. Nous avons eu droit à des statistiques inquiétantes au cours des dernières semaines. De janvier à juin 2013, 50 % des faillites commerciales au Canada ont été des faillites québécoises. Et cela, même si le PIB du Québec ne représente que 20 % de l’économie canadienne. Les statistiques sont tellement énormes qu’elles sont difficiles à croire. C’est une contre-performance lamentable et inacceptable.

Derrière de tels chiffres se cachent souvent de vrais drames humains. Le nombre de saisies de maisons a fait un bond de 20 % le mois dernier. Et la tendance risque de se poursuivre, car le nombre de préavis envoyés par les banques a aussi augmenté de 13 % en février. Ce sont les rêves et les aspirations de plusieurs familles québécoises qui s’envolent en éclats.

Et il y a une évidence qu’il faut répéter: même en pleine crise économique mondiale, l’économie québécoise a connu une meilleure performance avec un gouvernement du Parti libéral du Québec qu’avec un gouvernement péquiste dans des années de reprise économique.

Gouvernement majoritaire

Mais pour que le premier ministre puisse vraiment redresser la barre, il faut lui donner un emploi à temps plein. Il faut se donner un gouvernement majoritaire. Sinon, tout le monde joue l’horloge. Les fonctionnaires peuvent facilement mettre un pied sur le frein pour réaliser les réformes difficiles, mais nécessaires. «Causez toujours, cher ministre! Vous ne serez plus là d’ici 18 mois, mais, moi, je serai toujours là.» Plus fondamentalement, un gouvernement majoritaire apporte la stabilité nécessaire pour créer un climat économique propice aux investissements dont a tant besoin le Québec.

Dernier argument pour un gouvernement majoritaire, et pas le moindre: dans 18 mois, aurez-vous vraiment le goût de dépenser à nouveau 80 M$ pour revivre une campagne électorale comme celle qu’on vient de subir?

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